samedi 31 janvier 2026

Épopées Graphiques, Bande dessinée, comics, manga_Les Origines et l'ADN de la bande dessinée_partie 1 : Les origines de la bande dessinée


Du 22 novembre 2025 au 19 avril 2026, le musée de Grenoble présente, en partenariat avec le Fonds Hélène & Édouard Leclerc pour la Culture, une vaste exposition dédiée au neuvième art qu'est la bande dessinée,

Avec l'association des Malentendants 38 nous visitons cette exposition commentée par notre guide Eric Chaloupy le 18 janvier 2026.



Sont exposées plus de 400 planches majeures de 200 artistes européens, américains et japonais de la collection de Michel-Édouard Leclerc, complétée par des prêts privés et de la Cité Internationale de la bande dessinée et de l’image (CIBDI). 
Ces oeuvres sont réparties dans 20 salles.

C'est un voyage dans l’histoire de la bande dessinée, de la fin du XIXe siècle jusqu’au début du XXIe siècle.

Le parcours est structuré en quatre grandes sections thématiques qui guident le visiteur à travers l’histoire du 9ᵉ art :

- Les Origines de la bande dessinée avec l'humour et les aventures et voyages.

- Les mondes imaginaires avec science-fiction, fantasy et exploration.

- Les ombres et profondeurs qui exposent polar, horreur, érotisme et introspection.

- et enfin les récits introspectifs avec la bande dessinée littéraire, autobiographique et narrative.

Compte tenu de l'ampleur de cette exposition et pour ne pas lasser le lecteur je scinde mon compte rendu en plusieurs parties.

Tout d'abord les origines de la bande dessinée se déploient dans les premières salles.

A l’entrée de l’exposition, la première salle raconte l’avènement du neuvième art  à la fin du XIXᵉ siècle, à travers des planches qui ont fait la popularité mondiale de la bande dessinée et montre comment la BD se construit d’abord comme générateur de rires, de récits de voyages, de satires sociales et d’aventures universelles.

A la fin du XIXe siècle, et pendant la première moitié du XXe siècle, elle sont surtout destinées à un public adulte et se trouvent dans les journaux, en bandes ou en pleines pages, en feuilletons puis en albums.

La satire sociale est au centre de cette production avec des figures d'enfants ou de la famille. D'autres séries mettent en scène des personnages aux personnalités fortes comme Popeye ou Bécassine.

De 1905 à 1914, Little Nemo in Slumberland explore l'humour, l'aventure, le fantastique, le féérique, le surréalisme, la fantasy et la science-fiction.

A la suite d'une carrière de comptable, Benjamin Rabier commence en 1889 à publier ses dessins dans les journaux, "Le Rire", "Le Pêle Mêle" et "L'Assiette au beurre".
Avant Gédéon, il ne réalise que des histoires courtes, souvent en une planche, et des dessins et des livres illustrés à destination de la jeunesse. Il créé Gédéon en 1923, un des personnages le plus populaire entre les deux guerres. La série comporte seize album et se clôt en 1939 avec les dernières aventures de Gédéon en s'ouvrant sur cette phrase : "Gédéon est soucieux, il trouve que tout va mal. Les forts persécutent les faibles...". Il montre comme la bande dessinée peut être le reflet du monde.
Il choisit un canard car il porte le moins de significations symboliques, mythologiques ou historiques. Il vole, il marche, il plonge, il est mobile, il va partout.
Benjamin Rabier (1864-1939)_Une dent de sagesse, vers 1925_Encre de Chine et aquarelle sur papier_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Benjamin Rabier (1864-1939)_Gédéon traverse l'Atlantique, 1933_Encre de Chine sur papier_Edition Librairie Garnier, Couverture_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Le bestiaire de Benjamin Ravier plonge ses racines dans le terroir français et dans la traditions littéraires des fables. Humour et défense de pauvres et des opprimés sont au rendez vous dans une veine sociale et morale.
Dans l'album, Gédéon s'amuse, le canard organise des loisirs à la ferme en montant un cirque. Gédéon aidé du chien Faraut décide de lancer le concours de l'animal le plus exceptionnel : l'éléphant nain, l'oie aux grandes pattes, le chien  la face d'homme, le chat à la queue fantastique et le basset géant. Un humain apparaît et c'est...la catastrophe. S'ensuit une bonne action au profit d'une pauvre femme malade. Gédéon offre aussi à un couple de vieillard pauvres un bon repas fait de sept alouettes rôties.
Benjamin Rabier (1864-1939)_Gédéon s'amuse, 1928_Encre de Chine sur papier_Edition Librairie Garnier Frères, Planche 19 à 46_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Henri Gautier, crée en 1905, "La semaine de Suzette", magazine à destination des jeunes filles. On y découvre les péripéties de Bécassine dès le premier numéro. Ses aventures durent jusqu'en 1950. Il y aura vingt-sept album. 
Bécassine est considérée comme la première vraie série de la bande dessinée française.
Ce personnage a été initialement créé par Jacqueline Rivière, scénariste et rédactrice en chef de la revue, est repris en 1913 par Caumery et dessiné par Joseph Pinchon.
On suit Bécassine de sa naissance à son enfance en Bretagne avant qu'elle ne parte vivre de grandes aventures en France et de par le monde. Elle est une femme moderne, passant son permis de conduire en 1927, s'engageant pour soutenir le moral des troupes durant la 1ère Guerre mondiale, prenant l'avion pour aller en Amérique...
Joseph Porphyre Pinchon (1871-1953)_Bécassine aux bains de mer, 1932_Gouache sur papier _Edition Librairie Gautier-Langueneau, Couverture_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

L'oeuvre de Christophe marque un tournant majeur dans l'art de la Bande dessinée, le faisant passer du récit séquentiel à la bande dessinée. Il dit dans une interview "J'ai toujours écrit au moins autant pour les grandes personnes que pour les enfants"
Christophe était docteur en sciences naturelles et préparateur de botanique à la faculté des sciences de Paris.
Le 15 septembre 1887 paraissent ses premières bandes dessinées dans Mon Journal. En parallèle de ses gags courts, il débute en 1889, la Famille fenouillard pour l'éditeur Armand Colin. Les planches sont découpées en six cases identiques. Le texte riche est écrit au crayon sous chaque dessin. Cette publication en feuilleton dure jusqu'au 24 juin 1893 et ouvre l'aventure de la presse illustrée à destination de la jeunesse.
Georges Colomb dit Christophe (1856-1945)_La famille Fenouillard, 1889_Encre de Chine, crayon bleu et mine de plomb sur papier_Publié dans le Petit français Illustré, planche 1_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Winsor McCay (1869-1934)_Little Nemo in Slumberland, 1913_Encre de Chine, et gouache sur papier _Publié dans le New York Herald_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Rudolph Dirks (1877-1968)_The Katzenjammer kids (Pim, Pam, Poum, 1912_Encre de Chine, et gouache sur papier_Publié dans le San Francisco, Examiner_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Rube Goldberg (1883-1970)_What We're coming to, 1925_Encre de Chine sur papier_Collection privée, Courtesy MEL Publisher
Murat Bernard Young dit Chic Young (1901-1973)_Blonde, 1933_Encre de Chine sur papier_Réalisé pou le King Features Syndicate_Collection privée, Courtesy MEL Publisher
Elzie Crisler Segar (1894-1938)_Popeye, 1934_Encre de Chine sur papier_Réalisé pou le King Features Syndicate_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

La deuxième salle propose l'humour belge.
Après la 2ème guerre mondiale la bande dessinée d'humour se diversifie et s'adresse à de nouveaux lecteurs. 
Le journal de Tintin, comme les Blake et Mortimer ou Michel Vaillant sont principalement tournés vers l'aventure. Le journal de Spirou est aussi consacré à l'aventure humoristique, tout comme Gaston ou Boule et Bill.

En 1959, Goscinny crée le journal Pilote influencé par le magazine satirique américain Mad et son fondateur Harvey Kurtzman. Il y aura des séries variées comme Le Petit Nicolas avec Sempé, les différentes séries avec Uderzo, Lucky Lucke avec Morris, Iznogoud avec Tabary ou encore Le Potache avec Cabu.
Entre 1958 et 1971, Claire Bretécher et Mandryka rejoignent Pilote et Gotlib développe la série "Rubrique à Brac".
Ces trois artistes créent en 1972 leur propre revue, "l'Echo des savanes" sur le modèle du journal bête et méchant "Hara Kiri", puis Gotlib fonde "Fluide Glacial" en 1975,  l'humour s'adresse à un public adulte.
L'Echo des savanes publie des oeuvres de Philippe Vuillemin et de Francis Masse, tandis que Fluide glacial édite des séries humoristiques bon enfant à l'humour souvent absurde et décalé.
André Franquin (1924-1997)_Gaston Lagaffe, un Gaffeur sachant gaffer, 1967_Encre de Chine sur papier_Edition Dupuis, gag 472_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Philippe Chapuis dit ZEP (Né en 1967)_Titeuf, le miracle de la vie, 1998_Encre de Chine sur papier_Edition 
privée, Courtesy MEL Publisher

Michel Regnier dit Greg (1931-1999)_Achille Talon-A décor-tiquer..., 1965_Encre de Chine sur papier_Publié par la revue Pilote N° 301, Courtesy MEL Publisher


Philippe Liégois dit Turk (Né en 1947)_scénario de Bob de Groot (1941-2023), Leonard C'est quoi déjà ? 1979_Encre de Chine et crayon sur papier_Edition Dargaud, Courtesy MEL Publisher

Nicole Claveloux est une des rares autrices françaises de BD des années 1970.
Elle étudie à l'Ecole des beaux Arts de St Etienne où sa mère était professeur de dessin, avant de devenir illustratrice.
Grabote est sa première série de BD, créée en février 1973 pour le magazine Okapi, bimensuel à destination de la jeunesse.
La série dure plus de huit ans et comporte plus de deux cents histoires, Grabote devient la mascotte de la revue.
Ce sont des gags courts en une ou deux planches en couleurs vives, rare our l'époque dans lesquels la peste Grabote et le candide Leonidas s'affrontent verbalement. Ce duo sadomasochiste traite de tous les sujets de société de la fin des années 1970.
En 1976, elle publie des histoires pour un public plus mature dans Métal hurlant et Ha! Nana, un trimestriel animé par la première génération d'autrices, dont Florence Cestac, Chantal Montellier et Olivia Clavel.
Nicole Claveloux (Né en 1940)_L'insupportable Grabote et le lion Léonidas, 1976_Encre de Chine et crayon sur papier_Publiée dans Okapi N° 108, gag N° 118-119, Courtesy MEL Publisher

Jean-Jacques Sempé (1932-2022)_Face à face, 1972_Encre de Chine sur papier_Edition Denoël, Courtesy MEL Publisher

C'est en 1969 que Christian Binet débute en BD avec Poupon la peste, un jeune garçon qui maltraite son chien Kadox. Ce dernier apparaît ensuite seul dans les pages de Fluide Glacial avant d'être supplanté par ses maîtres, les Bidochon.
La vie de couple, ses affres et ses joies a rarement été aussi bien décrite en bande dessinée.
Cette couverture de Christian Binet est la première de la série. Les vingt deux albums réalisés sur près de quarante ans sont le témoignage d'une époque révolue, où la société de consommation commence à s'immiscer dans les foyers.
Cette série est le reflet de la société patriarcale où la femme souffre d'une absence de vie sociale et de reconnaissance, où tout est dû à l'homme, censé subvenir aux besoins de la famille. La misère affective est sexuelle transpire dans toutes les pages.
Christian Binet (Né en 1947)_Les Bidochon, roman d'amour, le plus beau jour de leur vie, 1979_Encres et Encre de Chine sur papier_Publiée dans Fluide Glacial N° 42, Couverture, Courtesy MEL Publisher

Edouard Karali dit Edika (Né en 1940)_Sans titre, 1979_Encres et Encre de Chine sur papier_Publiée en couverture de Fluide Glacial N° 67, Couverture, Courtesy MEL Publisher

Marcel Mordekaï Gottlieb dit Gotlib (1934-2016)_Lucky Luke Spaghetti, 1971_Encres et Encre de Chine sur papier_Publiée dans la revue Pilote N° 631 dans "la rubrique à brac", planche 3, Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Les revues Hara Kiri et Fluide glacial

La troisième salle s'intitule Underground, manga et animaux.
Dans les années 1950, la revue satirique américaine Mad redonne une place majeure à la bande dessinée d'humour, grâce à son rédacteur en chef Harvey Kurtzman et ses dessinateurs phares Wallace Wood, Will Elder et Jack Davis.
A partir du milieu des années 1960, une bande dessinée contestataire voit le jour. Elle remet en cause le mode de vie des années 1950. Les deux principaux artistes sont Robert Crumb et Gilbert Shelton qui publie à partir de 1968 les aventures des Fabulous Freak Brothers. Sous forme d'humour elles restent des critiques acerbes de la société et une ode à la révolte.
En France,  Arnal crée Placid et Muzo puis Pif le chien à la fin des années 1940, publiés dans le journal Vaillant puis dans Pif Gadget.
Pétillon écrit à partir de 1976 pour le dessinateur Got la série Le baron noir, qui traite de façon cynique l'actualité sociale.
Geluck  publie les gag de son chat depuis 1983.
Au Japon l'humour s'immisce dans tous les genres, comme dans la série d'aventure et de science fiction Dragon Ball, le polar Lupin III ou les production de Rumiko Takabashi.
Dans les années 1960, trois dessinateurs dominent le genre : Fujio F. Fujio avec Doraemon, le chat venu de l'espace, Fujio Akatsuka avec Osomatsu-Kun et Tensaï Bakabon et Kazuyoshi Torii avec ka série Toilet Hakase
Philippe Geluck (né en 1954)_Le chat, 2014_ Encre de Chine sur papier_cillection privée, Courtesy MEL Publisher

Philippe Lefebvre dit Ptiluc (né en 1956)_Face de rat, la peste, 1987_ Encre de Chine, mine de plomb, gouache et écoline sur papier_Editions vent d'ouest, couverture_collection privée, Courtesy MEL Publisher

Kazuyoshi Torii (1946-2022)_Dr Toilet, vers 1970_ Encre de Chine et feutre_Publiée dans la revue Shönen Jump, page de titre_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Fujiko Fujiko est un duo de manga ka constitué de Motoo Abiko et Hiroshi Fujimoto. Les deux artistes sont interchangeables, s'occupant tous deux à la fois du dessin et du scénario.
Ils sont les créateurs de Doraemon, le célèbre chat venu du futur. Ils e séparent en 1987, le premier devenant Fujiko A Fujiko et le second Fujiko F Fujiko.
Obake no Q Tarô (Q Tarô, le fantôme) est réalisé entre 1964 e 1966. Il s'agit de la dernière série qu'ils ont produite ensemble. Q Taro est un fantôme facétieux qui a élu domicile chez Shôta, un petit garçon de onze ans.
Il aime voler en faisant peur aux gens et accumule les bêtises.
Motoo Abiko (1934-2022), Hiroshi Fujimoto (1933-1966) dits Fujilo Fujiko_Obake no Q Tarô (Q Tarô le fantôme), mai 1965_Encres et  Encre de Chine sur papier_Couverture_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Lynda Barry est peintre dessinatrice, écrivaine, illustratrice, éditrice et enseignante.
Lors de ses études d'art à l'Evergreen State College d'Olympia, Barry est remarquée par Matt Groening, le créateur des Simpson.
Elle commence à la même période à publier sa série Emie's Pook's Corneeks dans le journal du campus.
Cette BD alternative chronique la vie d'un jeune garçon.
la série qui pend fin en 2008 est publiée dans plus de soixante dix journaux à travers les Etats Unis.
Elle réalise aussi des BD autobiographiques comme One Hundred Demons. C'est un essai sur l'art et la narration graphique avec What it is.
Au début des années 1980, elle publie une série d'histoires courtes dans les pages de la revue mensuelle pour hommes Esquire, basées sur les relations hommes-Femmes. Ces histoires sont centrées sur l'incompréhension et les problématiques du couple.
Lynda Barry (Née en 1956)_Modern romance, God's gift, 1985_Encre de Chine, gouache et encres sur papier_Publié dans la revue Esquire_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Kazuhiko Kato dit Monkey Punch (1937-2019)_Rupan Sanseï (Lupin III), vers 1970_Encre de Chine sur papier_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Gilbert Shelton (Née en 1940)_Oat Wikkie Lashes the Motor, 1982_Encre de Chine sur papier_Publié dans Zap Comix N° 10_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Jay Linch (1945-2007)_Nard N° Pat, "the Kitty Kat who cried wolf, 1970_Encre de Chine, gouache sur papier_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

De 1936 à 1941, de nouvelles éditions en noir et blanc des 8 premiers albums de Tintin, voient le jour.
Elles sont tour à tour augmentées de quatre hors textes en couleurs, sans bulle ni dialogue. C'est en 1936 qu'émerge l'idée d'insérer de la couleur dans les albums de Tintin, à l'aide de quatre hors texte par album.
Georges Remi dit Hergé (1907-1983)_Tintin au Congo, 1937_Encre de Chine, gouache blanche  et mine de plomb sur papier_Editions Casterman, troisième hors texte_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Georges Remi dit Hergé (1907-1983)_Les aventures de Tintin , le sceptre d'Ottokar, 1939_Encre de Chine, lavis bleu et gouache blanche sur papier_Editions Casterman, planche BD_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Le rayon U est publié en couleurs de 1943 à 1945 en couverture de l'hebdomadaire Bravo, à raison de deux strips par semaine. Cette bande dessinée d'aventures et de science fiction, publié en France et en Belgique permet aux lecteurs de s'évader de la réalité de la guerre et de l'occupation. Elle est conçue comme une solution de remplacement du comics Flash Gordon d'Alex Raymond qui ne peut plus être publié en Europe. Jacobs est appelé dans un premier temps par la revue pour reprendre Flash Gordon, mais au bout de cinq semaines la censure allemande exige l'arrêt de la série, forçant Jacobs de conclure la série de manière brutale. Le journal demande à jacobs de lancer une nouvelle série de science fiction, le rayon U.
Au sortir de la guerre en 1946, Jacobs participe au premier numéro du journal de Tintin, lançant les aventures de Black et Mortimer avec le Secret de l'Espadon.

Edgar Jacobs (1904-1987)_Le rayon U, 1943_Encre de Chine et gouache de couleur sur papier_Publiés dans la revue Bravo, Couverture_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

La BD du début du XXe siècle découvre les premiers voyages à travers le monde dans les aventures de la famille Fenouillard, Bécassine ou encore Zig et Puce.
Aux Etats-Unis, les grandes séries d'aventures émergent dans les années 1930 dans des genres très variés.
On peut citer le Fantôme du Bengale, Prince Vaillant, Dick Tracy, Flash Gordon ou encore Mandrake.
En Europe, les héros de leurs épopées autour du monde mettent plus de temps à percer. Tintin domine le genre dès 1929 avant d'avoir son propre journal en 1946.
Ce sont dans les pages de ce journal que l'aventure se structure autour de plusieurs séries phares, dont le but est de faire rêver la jeunesse éprouvée par la guerre.
En 1946, Edgar Pierre Jacobs débute dans le premier Tintin, les aventures de Blake et Mortimer.
Dans SOS Météores, Blake et Mortimer à la suite de nombreux voyages à travers le globe, s'installent en région parisienne le temps d'une aventure centrée autour de cataclysmes météorologiques.
Pour vivre des aventures, nul besoin de partir au bout du monde, Hergé le démontre dans l'album en huis clos, Les Bijoux de la Castafiore.
Jacques Martin se lance quant à lui en 1948, dans la création d'une série historique, Alix, qui se déroule durant l'antiquité romaine, à l'époque de Jules César.
Le contexte historique n'est qu'un prétexte au voyage.
Jacques Martin (1921-2010)_Alix, le Sphinx d'or, 1950_Encre de Chine  sur papier_Couverture du journal Tintin N° 109_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Avec Jungle Jim et The Phantom, Tarzan représente la quintessence des aventures en territoires exotiques. Cette planche datée de 1942 est offerte le 25 décembre 1994 par le dessinateur Burne Hogarth au petit fils 'Edgar Rice Burroughts, le romancier qui a donné naissance à Tarzan en 1912. 
Avant d'être dessiné par Hogarth, Tarzan est adapté en bande dessiné par Hal Foster, de 1929 à 1937. Dès 1934, Foster cherche à créer sa propre série, puisant son inspiration dans l'histoire médiévale de la légende du roi Arthur, dans un style réaliste proche de celui d'Ales Raymond.
Ainsi débute la série Prince Valiant en 1937. Cette grande fresque historique, doublée d'une passion amoureuse entre Valiant et la reine Alieta, dure jusqu'en 1979, à raison d'une planche par dimanche.
Burne Hogarth (1911-1996)_scénario de Edgar Rice Burroughs, (1875-1950)_Tarzan, the mysterious valley 1942_Encre de Chine, mine de plomb et gouache sur papier_Réalisée pour le United Features Sydicate_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

La ville aérienne est publiée dans les pages du dimanche de plusieurs quotidiens, du 7 mars au 31 octobre 1943 pendant la 2e guerre mondiale. Mandrake doit accomplir une mission secrète pour l'armée américaine. Accompagné de Lothar, il embarque dans un avion de bombardement. Ils entrent dans une zone de nuages éternels, pénétrant sans le savoir dans un monde inconnu, étrange et fantastique. Ils y rencontrent un mystérieux peuple de servant du vent et des oiseaux pour se déplacer dans les airs, ayant construit une ville suspendue au dessus des nuages, flottant sur un radeau de caoutchouc gonflé de gaz. Mandrake parvient à remplir sa mission et à délivrer la ville de la terrible menace des oiseaux croasseurs, avant que la cité ne redescende au sol. L'amour est aussi au RDV, Pat le collègue de Mandrake et la princesse Aéra se marient à la fin de l'histoire.
Phil Davis (1906-1964)_scénario de Lee Falk (1911-1999)_Mandrake The Magician, 1940_Encre de Chine sur papier_Réalisée pour le  King Features Sydicate_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Clarence Gray (1901-1957)_scénario de William Ritt (1901-1972)_Brick Bradford, 1937_Encre de Chine sur papier_Réalisée pour le Central Press Ass'in_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Jean Graton (1923-2021)_Michel Vaillant, le circuit de la peur, 1959_Encre de Chine sur papier_Edition du Lombard_Collection privée, Courtesy MEL Publisher
Jacques Martin (1921-2010)_Lefranc, le mystère Borg, 1964_Encre de Chine, gouache blanc, crayon bleu et encre bleue  sur papier_Publié dans le journal Tintin N° 615, Couverture_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

L'oeuvre de Raymond Macherot est quasiment intégralement tournée vers la bande dessinée animalière, dans la filiation de Benjamin Rabier, Edmond Calvo, Walt Disney et de Brunhoff. 
En 1953, Raymond Leblanc, rédacteur du journal Tintin, souhaite ouvrir le journal à des bandes dessinées animalières. 
La première histoire de Chlorophylle est publiée l'année suivante. Dans celle ci les rats noirs dirigés par Anthracite, cherchent un nouvel abri après la destruction de leur logis. Ils sèment alors la terreur autour d'eux, forçant Chlorophylle à trouver refuge sur une île que les rats assiègent. Le soir le lérot retrouve son ami Torpille, une loutre avec laquelle il décide d'organiser leur défense.
Après des combats acharnés, Anthracite est enfin capturé et les rats chassés. Le siège de l'île de Chlorophylle par les rats noirs, serait inspiré des invasions du temps de Gengis Khan. On ne peut cependant pas s'empêcher de penser à la 2ème guerre mondiale.
Raymond Macherot (1924-2008)_Chlorophylle contre les rats noirs, 1956_Encre de Chine sur papier_Edition du Lombard, planche 20_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Spirou naît en Belgique en avril 1938 dans le journal du même nom. Il sera dessiné par de nombreux artistes, dont André Franquin, le plus emblématique de tous.
Jean Dupuis créé ce journal pour offrir une alternative aux bandes dessinées américaines, qui inondent alors la Belgique et qu'il juge moralement inadaptée à la jeunesse.
Dès 1946, les bandes dessinées d'aventure réalisées par les auteurs Belges dominent. Ces derniers donnent au journal Spirou son identité graphique avec les westerns Jerry Spring et Lucky Luke, les aventures de Spirou et Fantasio, de Joan et  Pirlouit, de la Patrouille des castors ou celles de  l'aviateur Buck Danny. L'aventure à quelques pas de chez soi prime sur les voyages lointains.

Le journal Pilote est fondé en 1959, entre autre par René Goscinny, Albert Uderzo et Jean-Michel Charlier. La bande dessinée a sa place à côté de romans, d'articles de reportages et de jeux. Le public auquel il s'adresse est plus âgé que celui de Tintin et de Spirou. On y trouve les aventures d'Astérix, de Jehan Pistolet et de Belloy tous trois scénarisés par Goscinny et dessinés par Uderzo ainsi que celles de Tanguy et Laverdure de Charlier, également dessinées par Uderzo.
A partir du milieu des années 1960, la bande dessinée d'aventure et de science fiction occupe de plus en plus les pages de Pilote avec le western Blueberry et la série de science fiction, Valérian.
Une part importante est tout de même laissée à l'humour avec Gotlib ou Achille Talon.
Willy Maltaite dit Will (1927-2000), scénario de Maurice Rosy (1927-2013)_Tif et Tondu contre la main blanche, 1955_Encre de Chine, gouache et lavis sur papier _Edition Dupuis, planche 37_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Maurice Tilleux débute la série Gil Jourdan en 1956, avec le trio Gil Jourdan, détective privé, Libellule, le truand repenti et l'inspecteur de police Jules Croûton; La voiture immergée est publiée dans le journal Spirou en 1958-1959.. Il s'agit d'une enquête dans la tradition du genre avec un zeste d'humour. Après avoir reçu une lettre anonyme, un automobiliste se rend sur une île en empruntant "Le pas du malin" où il est pris au piège par la marée. Le neveu, héritier du malheureux se rend au bureau de Gil Jourdan pour lui apprendre que toutes les oeuvres d'art de son  oncle ont été remplacées par des copies? Il charge Jourdan d'enquêter. L'intrigue se poursuit dans le milieu des antiquaires, des faussaires et des galeries d'art, avant de se prolonger en Bretagne?. Gil Jourdan, Libellule et Croûton s'y rendent pour fouiller la voiture et tenter de trouver des indices.
Maurice Tillieux (1921-1978)_Gil Jourdan, la voiture immergée, 1960_Encre de Chine, sur papier _Edition Dupuis, planche 22_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

C'est dans cet album, paru en 1962 dans les pages du journal de Spirou, qu'apparaît pour la première fois Rantanplan, le chien le plus bête de l'histoire de l'Ouest. L'histoire débute sur l'évasion des Dalton, les gardiens partent à leur recherche avec Rantanplan, le chien de garde du pénitencier. Ils tombent sur Lucky Luke qui refuse d'abord de les aider. Malheureusement pour lui, les Dalton ont volé un de ses amis rancher. Ainsi partent Lucky Luke et Rantanplan à la poursuite des Dalton, poursuite au cours de laquelle le chien se révèle peureux et lâche.
On découvre tout au long de l'album des similitudes entre Rantanplan et Averell avec qui il partage un appétit gargantuesque au point de vouloir manger ses frères.
Maurice de Bevere dit Morris (1923-2001), scénario de René Goscinny (1926-1977)_Lucky Luke, sur la piste des Dalton, 1962_Encre de Chine sur papier_Edition Dupuis, planche 11_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

François Walthéry (Né en 1946), scénario de Jean Mariette dit Hao (1932-2001) et Jacques Stoquart (1931-2018)_Natacha, double vol, 1976_Encre de Chine sur papier_Edition Dupuis, planche 7_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Pierre Culliford dit Peyo (1928-1992)_Benoît Brisefer, le cirque Bodoni, 1971_Encre de Chine sur papier_Edition Dupuis, planche 17_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Albert Uderzo (1927-2020), scénario de René Goscinny (1926-1977)_Astérix chez les Helvètes, 1970_Encre de Chine sur papier_Editions Dargaud, planche 35_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Les couvertures d'album des Aventures de Spirou et Fantasio sont connus de tous, à la différence de de celles des recueils du journal de Spirou. Les invendus de la revue étaient regroupés en fascicules trimestriels puis vendus en librairie sous une couverture cartonnée illustrée par l'un des dessinateurs star du journal. De 1945 à 1947, Franquin en illustre près de quatre vingt dix.
André Franquin (1924-1997)_Spirou et Fantasio, le dictateur et le champignon, 1954_Encre de Chine sur papier_Publié dans le journal de Spirou N° 49, couverture_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Jacques Martin (1921-2010)_Lefranc, Le mystère Borg_Journal Tintin N° 815, couverture, 1964_Bibliothèque patrimoniale de la cité internationale de la Bande dessinée et de l'image

Georges Remi dit Hergé (1907-1983)_Tintin  au Congo, 1937_Edition Casterman_Bibliothèque patrimoniale de la cité internationale de la Bande dessinée et de l'image.

André Franquin (1924-1997)_Spirou et Fantasio, le dictateur et le champignon_Album du journal de Spirou N° 49, couverture, 1954_Bibliothèque patrimoniale de la cité internationale de la Bande dessinée et de l'image

Paradoxalement, c'est en Europe que le western se développe dans la bande dessinée, tout d'abord dans le cadre de voyages aux Etats Unis de plusieurs héros, partis à la rencontre de peuples natifs.
Il faut attendre l'après guerre pour qu'une production, mêlant aventure et humour se développe. En 1946, Morris créé le personnage de Lucky Luke. Accompagné de Goscinny, il s'inspire de la conquête de l'Ouest pour produire un western humoristique, loin des canons des films américains.
Dans cette lignée, d'autres séries font leur apparition, comme Oumpah-Pah de Uderzo et Chick Bill de Tibet.
Dan les années 1950 et 1960 de nouvelles séries de western plus sombres et réalistes voient le jour, basant leur récit sur les confrontations entre colons européens et populations autochtones.
En précurseur, Hugo Pratt réalise la série Sergent Kirk, puis Ticonderoga. Paraissent dans son sillage Jerry Spring par Jigé, Comanche par Hermann et Blueberry par Giraud. 
Patrick Prugne relate aussi cette période dans des bandes dessinées, dont Canoë Bay.
Le western poursuit aussi sa route en dehors des revues Pilote, Spirou et Tintin avec la publications d'albums tels que Durango, Undertaker ou Bouncer, western métaphysique dessiné par François Boucq.
Claude de Ribaupierre dit Derib (Né en 1944), scénario d'André Jobin dit Job (1927-2024)_Yakari au pays des loups, 1983_Encre de Chine sur papier_Editions Casterman, couverture_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Buddy Longway paraît dans le journal de Tintin à partir de 1972.
A la différence de Yakari dont le scénario est écrit par Job, Derib se lance seul dans cette série à destination d'un public plus mature.
Le scénario y suit la vie d'une famille pacifiste et mixte dans l'Ouest américain, composée de Buddy Longway, Chinook et leurs deux enfants, Jérémie et Kathleen.
Il s'agit d'une bande dessinée sur la tolérance, le pacifisme et l'harmonie avec la nature.
Le thème de la survie dans un environnement hostile y est central.
Vengeance, honneur, bravoure et courage sont au coeur de ces histoires. Les animaux y sont les personnages centraux.
L'original est le sixième album, Kathleen demande à son père d'où provient le trophée placé sur l fronton de leur maison. Buddy lui raconte alors la chasse qu'il a mené trois ans plus tôt contre un orignal. Un formidable combat et jeu de cache-cache s'engage avec l'animal, qui a bien l'intention de régner en maître.
Claude de Ribaupierre dit Derib (Né en 1944)_Buddy Longway, l'original, 1978_Encre de Chine sur papier_Editions du Lombard, planche 36_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

En 1965, le journal Spirou publie le 20e de cavalerie, l'une des aventure de Lucky Luke par Morris et Goscinny. En pleine prépublication de cette histoire sort le N° 1368 du journal. Il est accompagné d'un "numéro spécial vacances" de cent quatre pages, dont la couverture est composée de trois bandeaux, le premier de Franquin montrant Spirou, Fantasio, Gaston, le Marsupilami et Spip sur un vélo tandem triplette, le troisième présente Boule, son père et Bill à la montagne dans un téléphérique. le bandeau central est réalisé par Morris et représente Lucky Luke sur Jolly Jumper surveillant les Dalton au milieu des paysages de l'Arizona.
Maurice de Bevere dit Morris (1923-2001)_Lucky Luke, 1964_gouache de couleur sur papier_Publié dans le journal de Spirou N° 1368, couverture_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Jean Giraud (1938-2012), scénario de Jean Michel Charlier (1924-1989)_Blueberry, the iron horse, 1990_Encres et encre de Chine sur papier_Marvel Comics, couverture de l'édition américaine de 1991 du cheval d'acier_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Jean Giraud (1938-2012), scénario de Jean Michel Charlier (1924-1989)_Blueberry, la mine de l'allemand perdu, 1972_encre de Chine sur papier_Editions Dargaud, planche 2_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Hugo Pratt (1927-1995)_Fort Wheeling, vers 1990__EditionsCasterman_Mine de plomb et aquarelle sur papier_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Hugues Micol passionné par les Etats Unis va réalisé des séries de dessins sur ce pays où se mélangent aquarelle et gouache, par couches successives et aplats colorés.
La série Whisky aborde le Far West par des variations sur le thème du cow-boy chevauchant dans de grands espaces ou de saloon.
Cette suite de dessins vient compléter son western crépusculaire Scalp.



Hugo Micol (né en 1969)_Whisky, "sans peur et sans étoile", "la rivière des anges", "héros et assassins, "l'horizon perdu" 2018__gouache et aquarelle sur papier_Editions Cornelius_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

La série Comanche est créée en 1969 pour le journal Tintin par Herman et Greg.
Comanche est une propriétaire terrienne qui s'adjoint l'aide de Red Dust, un cow boy solitaire qui devient le contremaître du ranch.
Le désert sans lumière est le cinquième tome de la série, publié en 1976.
L'histoire débute dans un camp de travail où Red Dust purge une peine de cinq ans de travaux forcés pour meurtre. Il est libéré au bout de vingt mois et retourne au ranch, où il est accueilli par ses amis et le shérif, auquel il doit rendre des comptes. Red Dust a du mal à se réacclimater à la vie de la ferme.
L'attaque de la diligence de la Welles et Fargo par Shotgun Marlowe et sa bande le force à reprendre les armes aux côtés du shérif. Ensemble, ils forment une équipe pour défendre la ville face aux bandits.
Hermann Huppen dit Hermann (né en 1938), scénario de Michel Regnier dit Greg (1931-1999)_Comanche, le désert sans lumière, 1976__encre de Chine sur papier_Editions du Lombard, planche32_Collection privée, Courtesy MEL Publisher


Michel Blanc-Dumont (né en 1948), scénario de François Corteggiani (1953-2022)_la jeunesse de Blueberry, le boucher de Cincinnati, 2002__encre de Chine sur papier_Editions Dargaud, planche2_Collection privée, Courtesy MEL Publisher





Cette première section montre comment la bande dessinée s’est construite comme un art du récit accessible, fondé sur l’humour, l’aventure et le goût du voyage.

Elle est née d’une culture populaire et imprimée, elle invente ses codes visuels et narratifs, découpage, rythme, personnages récurrents, alliance du texte et de l’image.

Ces œuvres posent les bases d’un langage capable de raconter le monde, d’en caricaturer les travers et d’emmener le lecteur ailleurs.

Elles ouvrent ainsi la voie à toutes les évolutions du neuvième art, que nous verrons dans une prochaine partie.


Texte de Paulette Gleyze grandement inspiré par les commentaires d'Eric et les cartels de l'exposition

Photos de Gérard et Paulette Gleyze