Les 11 et 12 juillet 2026, organisée par le comité des fêtes, s’est tenu aux Bottières sur la commune Saint Pancrace près de St jean de Maurienne, la 6ème édition de la Fête du Gypse.
C’est une fête incontournable pour les amateurs d'artisanat et d'art.
Le programme 2026 :
Samedi 11 juillet :
– 16h30 : Conférence “Patrimoine géologique, minier et industriel de notre Vallée » par Laëtitia Léonard
– 17h : Départ rando avec guide (Serge Truchet)
– 18h : Messe à la chapelle des Colonnes suivie d’une vente de pains de pays et chicholle offerte
– 19h : Petite restauration
– 19h : Réalisation d’une fresque sur plâtre, face au public par Twane (artiste peintre)
– 20h : Concert avec “Accordages”
– 22h30 : Feu d’artifice et bal populaire animé par Maurice, Sono Blue Night
Dimanche 12 juillet de 10h à 18h :
Animation musicale tout au long de la journée par “Les Crinquignottes”
– 10h-18h : Marché artisanal, Expo de voitures anciennes, Démonstration de sculpture sur Gypse, Démonstration de sculpture au couteau, Maquillage et jeux enfants, Animations Rêve Général par les “Colporteurs de Rêves”, Tir à la carabine, Casse bouteilles, Peinture sur ardoise par Twane, exposition de vieilles voitures... etc.
– 10h30 : Présentation des sculpteurs et leurs œuvres
– 11h30 : Vente de pains de pays
– 12h : Apéritif musical
– 12h30 : Repas festif et traditionnel
– 10h30-16h30 : Visite de la carrière de Gypse
– 17h : Tirage de la tombola
– 17h30 : Prix du public
Nous avons assisté à la deuxième journée des festivités animé par “Les Crinquignottes”
qui ont entraîné le public dans une ambiance festive grâce à leur répertoire de chansons traditionnelles et populaires. Leur bonne humeur communicative a accompagné les visiteurs au fil des stands, des démonstrations et des animations.
Malgré la canicule, le public était au RDV.
Les sculpteurs sur bois de l'association Univers Bois de Grenoble, ont connu un vif succès auprès des jeunes et des moins jeunes.
Beaucoup d'artisans exposent leurs oeuvres
Ainsi que le baillage de Maurienne de la Compagnie de Savoie et de l'Arc Alpin
Twane (Antoine), a peint pour l'occasion une magnifique toile.
C'est un jeune artiste français de street art et graffeur, né en 1997.
Il est originaire de la région de Saint-Étienne (Rive-de-Gier) et s'est ensuite installé à Lyon. Il a étudié l'animation 3D avant de se consacrer à la peinture et au graffiti.
Son travail mêle street art figuratif, fresques murales et peinture sur toile. Les oiseaux et plus largement les animaux sont des thèmes récurrents de son univers artistique.
Il participe régulièrement à des projets pédagogiques avec des écoles, des centres de loisirs et des événements culturels, en plus de réaliser des fresques urbaines.
Son style se distingue par des animaux peints de façon expressive et symbolique, des couleurs vives, un mélange de techniques (bombe, pinceau, acrylique, aquarelle, encre), des œuvres aussi bien en extérieur que sur toile.
L'exposition de voitures anciennes remarquablement entretenues a permis de redécouvrir des modèles emblématiques de l'histoire de l'automobile.
Installée au cœur de la fête, cette animation a parfaitement complété les autres activités proposées.
En voici quelques exemplaires.
L'heure est venue de la découverte des sculptures sur gypse.
5 sculptures en gypse ont été réalisées.
Le Prix du Public a bien été remis à la sculpture intitulée "L'Écureuil". Elle sera installée sur le sentier des Colonnes à Saint Pancrace.
Les quatre autres œuvres seront exposées dans la commune et proposées à la vente.
La première oeuvre montrée au public est celle de Dang Liu, sculpteur chinois.
Il est né en 1981 en Mongolie-Intérieure (Chine), et est diplômé de l'Académie des Beaux-Arts de Mongolie-Intérieure, puis de l'Académie des Beaux-Arts de Rome.
Il est installé en Italie. Il sculpte surtout le marbre, la pierre, le bois et réalise également des œuvres monumentales en bronze.
Son travail mêle la tradition de la sculpture occidentale à une sensibilité issue de la culture chinoise.
La deuxième oeuvre dévoilée est celle de Marta Fresneda Guttierrez, née à Séville en 1984.
Elle est diplômée des Beaux-Arts de l'Université de Séville avec une spécialisation en sculpture.
Après ses études, elle obtient une bourse Leonardo et se forme à la fonderie de bronze Artù, près de Florence. Elle poursuit ensuite une spécialisation en sculpture et scénographie à l'Académie des Beaux-Arts de Florence, où elle s'installe.
Depuis 2012, elle participe à de nombreux symposiums internationaux de sculpture en Espagne, en Italie, en France, au Danemark, en Suisse et au Portugal.
Plusieurs de ses œuvres font partie de collections publiques et privées.
Son travail est centré sur la dignité humaine, les droits humains, les relations entre les personnes, la mémoire et les émotions.
Elle associe souvent des matériaux comme la pierre, l'albâtre et le métal pour créer des œuvres figuratives ou semi-abstraites à forte portée symbolique.
En France, elle est notamment connue pour avoir participé au Festival Camille Claudel à La Bresse en 2018 avec son projet « Préambule ».
La troisième oeuvre est de Stefano Faccini.
Il est aujourd'hui l'une des figures les plus actives de la sculpture sur pierre de la Maiella, dans les Abruzzes. Son travail est profondément lié à ce territoire et à la tradition des scalpellini (tailleurs de pierre).
Il vit et travaille entre les Abruzzes et les Pouilles, avec un atelier centré sur la sculpture monumentale en pierre.
Il est directeur artistique du symposium international « Dieci Giornate in Pietra » à Lettomanoppello, rendez-vous majeur consacré à la pierre de la Maiella, qui réunit chaque année des sculpteurs venus d'Italie et de l'étranger.
Il est également l'un des initiateurs et le directeur exécutif de Fiabosco, un parcours artistique permanent à Sant'Eufemia a Maiella, dans le Parc national de la Maiella.
Les sculptures, inspirées des légendes des Abruzzes, sont installées en pleine forêt.
Son style mêle la tradition de la taille directe de la pierre à une approche contemporaine. Ses œuvres sont souvent inspirées des paysages de la Maiella, des légendes et du folklore des Abruzzes, des animaux et des formes de la nature.
La quatrième est l'écureuil de Marija Marković, sculptrice serbe, née à Belgrade le 17 octobre 1982, qui vit et travaille en Italie, après s'être installée à Venise en 2002.
Elle commence la sculpture dans l'atelier du sculpteur serbe Gradimir Rajković. En 2002, elle intègre l'Académie des Beaux-Arts de Venise, où elle se spécialise en sculpture.
Elle effectue également un séjour Erasmus à Quimper (France) et se forme à la sculpture sur bois à Ortisei, dans le Tyrol du Sud.
Elle travaille de nombreux matériaux, le marbre, le bois, le granit, le bronze, le plâtre, mais aussi des matériaux plus insolites comme la glace, le sable ou le chocolat.
Son style oscille entre la figuration contemporaine et des formes plus épurées. Elle réalise aussi bien des sculptures de galerie que des œuvres monumentales destinées à l'espace public.
Elle participe régulièrement à des symposiums de sculpture en Europe, notamment en Italie, en France et en Serbie. On la retrouve à Fiabosco, dans le parc national de la Maiella (Abruzzes), aux côtés de Stefano Faccini et d'autres sculpteurs internationaux, au symposium Predaia Arte e Natura (Trentin) et dans plusieurs festivals de sculpture sur marbre et sur pierre.
Elle a aussi enseigné la sculpture et préside l'association culturelle internationale Atelier 3+10, qui organise des échanges artistiques et des événements autour de la sculpture.
Ces dernières années, elle s'est aussi distinguée dans la sculpture sur glace. En 2025, elle a participé à un projet international à Harbin (Chine), où des équipes d'artistes ont réalisé de monumentales sculptures de glace.
La cinquième oeuvre est un magnifique pic vert sur un tronc d'arbre, de la sculptrice Marta Fresneda Gutiérrez. (Même artiste vu plus haut)
C'est une oeuvre poétique qui rappelle le lien entre le patrimoine géologique (le gypse) de la Maurienne et son environnement naturel (la forêt).
Après ce beau moment, est venue l'heure de se restaurer.
Nous affrontons la queue pour déguster une bonne polenta locale accompagnée de diots et une excellente tarte aux myrtilles.
En début d'après midi, un bus nous attend pour nous amener à la carrière de gypse pour une visite guidée.
Mais qu'est ce que le gypse et à quoi sert -il ?
Le gypse est une roche sédimentaire très tendre, composée principalement de sulfate de calcium hydraté.
C'est un minéral blanc, gris ou parfois légèrement rosé, connu depuis l'Antiquité pour ses nombreuses utilisations.
Le gypse s'est formé il y a des millions d'années lorsque des mers ou des lagunes peu profondes s'évaporent. En s'évaporant, l'eau laisse derrière elle des sels minéraux qui cristallisent, dont le gypse.
En Savoie, notamment autour de Saint Pancrace, le gypse est présent dans les montagnes depuis l'époque du Trias, il y a environ 220 à 250 millions d'années. La commune a longtemps vécu de son extraction.
Le gypse est apprécié car il est très tendre, facile à sculpter avec des outils simples, naturellement blanc ce qui donne beaucoup de luminosité aux œuvres et
relativement léger.
En revanche, il est aussi fragile et supporte mal les intempéries. Les sculptures en gypse sont donc souvent destinées à être conservées à l'abri.
Le gypse est utilisé dans de nombreux domaines.
Il est surtout connu pour son usage comme plâtre. Chauffé à environ 150 °C, il perd une partie de son eau et devient du plâtre. En le mélangeant ensuite avec de l'eau, il durcit rapidement.
Il est utilisé aussi pour la fabrication de plaques de plâtre (type Placoplâtre), enduits, moulures et éléments décoratifs, mais également en médecine (autrefois pour les plâtres orthopédiques, aujourd'hui souvent remplacés par des matériaux synthétiques).
On l'utilise en agriculture pour l'amendement des sols, l'apport de calcium et de soufre.
Dans l'industrie il est utilisé dans la fabrication de ciments, de moules et de certains procédés chimiques.
Grâce à sa tendreté, il est idéal et recherché pour les sculptures.
La Fête du Gypse célèbre le patrimoine local. Pendant des siècles, les carrières de gypse ont fait vivre une partie de la population. Le concours de sculpture met aujourd'hui en valeur cette pierre emblématique et permet aux artistes de montrer qu'un matériau modeste peut devenir une œuvre d'art.
Des tableaux explicatifs rajoutés aux commentaires de la guide nous permettent de bien comprendre le fonctionnement de la carrière.
La carrière se trouve dans un paysage grandiose face aux aiguilles d'Arves et au Mont Charvin se véritables symboles mauriennais.
La deuxième journée a accueilli un large public venu découvrir les nombreuses animations proposées tout au long de la journée. Le marché artisanal, les démonstrations de sculpture sur gypse, de sculpture au couteau (Opinel n°7), l'exposition de véhicules anciens, les animations musicales, les activités destinées aux enfants ainsi que les stands associatifs ont contribué à créer une atmosphère conviviale et familiale.
Les visites de la carrière de gypse ont rencontré un vif succès, permettant aux visiteurs de mieux comprendre l'histoire de cette ressource qui a marqué le développement économique de la vallée. La présence du musée du Grand Filon a renforcé la dimension patrimoniale de la manifestation en valorisant le passé minier local.
Le repas traditionnel servi à midi a réuni de nombreux convives avant que les animations ne se poursuivent tout au long de l'après-midi.
La remise du Prix du Public récompensant les sculptures réalisées durant le week-end ainsi que le tirage de la tombola sont venus clôturer cette édition dans une ambiance chaleureuse.
Cette manifestation a une nouvelle fois mis à l'honneur le patrimoine géologique, minier et culturel de la vallée de la Maurienne dans une atmosphère sympathique et conviviale.
Un grand merci à tous les organisateurs bénévoles qui ont fait de cette journée une véritable réussite et le bonheur des visiteurs.
Texte de Paulette Gleyze
Photos de Paulette et Gérard Gleyze