Après la visite de l'Escal'Atlantic, le 4 juin 2026,
https://ballades-page3873.blogspot.com/2026/07/lescalatlantique-st-nazaire.html
Nous nous déplaçons sur le site pour visiter le sous-marin Espadon, c'est l'une des visites les plus emblématiques de Saint-Nazaire.
Depuis 1987, l'Espadon est ouvert au public dans l'ancienne écluse fortifiée du port de Saint-Nazaire. Il a fait l'objet d'une importante restauration achevée en 2021.
C'est le seul sous-marin présenté à flot et visitable en France.
La visite plonge les visiteurs dans l'ambiance de la mission sous la banquise, avec les sons et les témoignages de l'équipage.
À bord, les sous-mariniers perdent rapidement la notion du temps. En plongée, il n'y a ni lumière du jour ni fenêtres mais une lumière différente pour différencier le jour de la nuit.
Les journées sont rythmées uniquement par les quarts de travail, les repas et les consignes du commandant.
Pour beaucoup d'anciens marins, cette vie très particulière crée un fort esprit d'équipe, mais demande aussi une grande résistance psychologique.
(Benoît, mon filleul sous-marinier, si besoin, tu corrigeras ce que j'écris )
L'espadon est un sous-marin militaire de la Marine nationale transformé en musée, qui permet de découvrir de l'intérieur la vie des sous-mariniers pendant la Guerre froide.
L'Espadon appartient à la classe Narval, une série de six sous-marins français construits à la fin des années 1950. Il a été mis en service en 1960 et a navigué jusqu'en 1985.
Sa forme est inspirée des sous-marins allemands, très avancés pour leur époque. Ils étaient construits pour naviguer principalement en immersion, ce qui représentait une évolution majeure.
Il utilisait deux modes de propulsion, en surface deux moteurs Diesel qui faisaient avancer le sous-marin et rechargeaient les batteries, en plongée, deux moteurs électriques alimentés par d'énormes batteries, en immersion.
Il avait une vitesse en surface d'environ 16 nœuds (30 km/h) et une vitesse en plongée d'environ 18 nœuds (33 km/h).
Sa profondeur opérationnelle était de l'ordre de 300 mètres (la profondeur maximale exacte est restée confidentielle).
L'Espadon possédait 12 tubes lance-torpilles, des torpilles lourdes destinées aux navires et aux sous-marins ennemis.
Il ne transportait pas de missiles nucléaires.
Pendant sa carrière, il a effectué plus de 2 500 jours en mer, près de 34 000 heures en plongée, l'équivalent d'environ 17 fois le tour de la Terre en distance parcourue.
Il n'a jamais participé à un conflit armé, mais il a joué un rôle important dans les missions de surveillance lors de la Guerre froide.
Son histoire la plus célèbre remonte à 1964 car il est le premier sous-marin français à plonger sous la banquise arctique.
Au cours de cette mission secrète, il a franchi le 70ᵉ parallèle nord afin d'étudier la navigation sous les glaces.
Cette expédition était particulièrement complexe car un sous-marin ne peut pas remonter à la surface lorsqu'une épaisse couche de glace le recouvre. Les équipages devaient donc naviguer avec une très grande précision.
La visite débute dans l'ancienne écluse fortifiée de Saint-Nazaire.
Pour cela nous descendons sur les quais au plus près de l'eau.
Le sous-marin apparaît dans toute sa longueur, 77 mètres.
Nous entrons dans le sous-marin et le parcourons avec une bande sonore immersive qui nous permet d'entendre des témoignages d'anciens sous-mariniers, des bruitages (moteurs, sonar, alarmes).
Des éclairages recréent les différentes phases de la mission sous la banquise.
Nous sommes frappés par la raideur le l'escalier et la faible hauteur sous plafond.
L'accès se fait par une étroite écoutille (trappe d'accès), exactement comme le faisaient les marins.
Ce n'est pas seulement une porte, c'est une trappe étanche conçue pour résister à la pression de l'eau.
Sur l'Espadon, l'entrée se fait par une écoutille située dans le kiosque (la structure qui dépasse de la coque lorsque le sous-marin est en surface).
Elle est de forme circulaire ou légèrement ovale, en acier très épais, équipée d'un système de fermeture par volant ou leviers, munie d'un joint en caoutchouc assurant l'étanchéité.
Lorsque l'équipage la refermait, elle était verrouillée par plusieurs points d'appui qui comprimaient le joint. Une fois fermée, l'eau ne pouvait plus pénétrer.
Les écoutilles sont presque toujours rondes car cette forme présente plusieurs avantages, elle répartit uniformément la pression de l'eau, elle est plus résistante qu'une ouverture carrée, elle évite les angles, où les contraintes mécaniques seraient plus importantes.
C'est le même principe pour les hublots.
À l'intérieur de l'Espadon, chaque compartiment est séparé par des portes ou trappes étanches.
En cas d'avarie (voie d'eau, incendie...), elles permettaient d'isoler rapidement un compartiment pour empêcher que tout le sous-marin ne soit envahi.
Franchir les écoutilles c'est sportif ! Il faut se baisser, passer une jambe puis l'autre sans accrocher les équipements.
Avec un sac à dos, il faut se contorsionner pour passer, cela nous laisse imaginer un sous-marinier portant un équipement de plusieurs kilos, parfois de nuit, avec la mer agitée.
Avant chaque plongée, une vérification très rigoureuse était effectuée, toutes les écoutilles devaient être fermées, chaque verrou était contrôlé, les joints étaient inspectés. Une seule écoutille mal fermée pouvait compromettre la sécurité du sous-marin.
Dès qu'on franchit cette écoutille, on comprend immédiatement que la vie à bord d'un sous-marin était très différente de celle d'un navire de surface.
L'audioguide nous raconte le quotidien des 65 membres d'équipage.
Nous découvrons les couchettes superposées, très étroites. Elles sont regroupées dans la tranche des logements, près du poste central. Elles sont installées sur plusieurs niveaux, comme des lits superposés, afin d'utiliser toute la hauteur disponible.
Une couchette mesure environ 1,80 m de long, 60 à 70 cm de large. Elles sont juste assez grandes pour qu'un homme puisse s'y glisser. On ne peut pratiquement pas s'y asseoir.
Le confort était très sommaire avec un mince matelas, un oreiller, une couverture, un petit rideau pour préserver un minimum d'intimité.
Il n'y avait pas une couchette pour chacun. Dans le poste de l'équipage, 20 couchettes étaient partagées par environ 30 matelots et quartiers-maîtres, selon le principe de la "couchette chaude" : lorsqu'un marin partait prendre son quart, un autre venait occuper le même lit.
Les officiers disposaient de couchettes dans leur propre compartiment,
Le commandant était le seul à avoir une cabine individuelle, un privilège exceptionnel à bord.
Chaque marin possédait seulement quelques vêtements, son nécessaire de toilette, et quelques objets personnels.
Au début des patrouilles, il arrivait même que des vivres soient stockés jusque dans les espaces disponibles autour des lits, tant le moindre espace était exploité.
La cuisine de l'Espadon est l'un des endroits les plus intéressants du sous-marin, car elle montre comment on nourrissait 65 hommes dans un espace minuscule pendant plusieurs jours de plongée. La cambuse est l lieu où est stocké la nourriture et les boissons. Si tout n'y rentrait pas, le surplus était stocké un peu partout.
De 10 m², la cuisine est située près du carré des officiers et des maîtres afin de faciliter le service des repas. Elle est si petite que deux cuisiniers pouvaient difficilement y travailler en même temps.
On y trouvait notamment une cuisinière électrique avec four, des plaques chauffantes, des marmites fixées pour éviter qu'elles ne bougent lorsque le sous-marin roulait, un évier et quelques plans de travail en inox et de nombreux placards pour les ustensiles.
Le repas était un moment très important pour le moral de l'équipage.
En général, on servait du café, du pain et de la confiture au petit-déjeuner, un repas chaud le midi (viande ou poisson, légumes, parfois dessert) et un repas chaud le soir.
Le cuisinier devait préparer environ 200 repas par jour (petit-déjeuner, déjeuner et dîner pour l'ensemble de l'équipage).
Au départ de la mission les fruits et légumes frais étaient empilés partout, jusque dans les coursives et parfois sous les couchettes, les conserves occupaient presque tous les espaces disponibles.
Les aliments étaient consommés dans un ordre précis, d'abord les produits frais, puis les aliments réfrigérés, et enfin les conserves.
Pendant les premiers jours, les marins devaient parfois enjamber des sacs de pommes de terre ou des cageots de légumes pour circuler dans le sous-marin.
Il n'existait pas de grande salle de restauration. Les repas étaient pris dans les carrés (petites salles à manger) selon le grade. Il y avait le carré des officiers, le carré des officiers mariniers (maîtres) et les quartiers de l'équipage.
Comme il n'y avait pas assez de places, les repas étaient souvent pris par roulement.
Le sous-marin ne disposait que d'une seule douche pour l'ensemble de l'équipage, soit environ 65 à 67 hommes.
Elle est très exiguë, c'est une cabine métallique d'environ 1 m², juste assez grande pour une personne.
Les douches étaient donc courtes à l'eau de mer et parfois limitées selon la durée de la mission.
Chacun devait attendre son tour, souvent en fonction des quarts de service.
Dans certains sous-marins de cette génération, la douche servait aussi de local de rangement pour des vivres ou du matériel au départ des longues missions.
Pour les visiteurs, les conditions de visite de l'Espadon sont idéales, mais il faut imaginer une soixantaine d'hommes qui y vivaient en permanence pendant des missions pouvant durer un mois voire plus.
Le poste central est le véritable cerveau du sous-marin. C'est là que se prennent toutes les décisions concernant la navigation, la plongée, la sécurité et, en situation de combat, l'emploi des armes.
Tous les renseignements convergent vers cette pièce.
Dans le poste central chaque centimètre est utilisé par des volants, des manettes, des cadrans, des manomètres, des interrupteurs, des téléphones internes, des répétiteurs de compas.
Deux grands tubes traversent le poste central du plancher au plafond, ce sont les périscopes.
Ils permettent notamment d'observer l'horizon, d'identifier les navires, d'estimer leur distance et leur cap.
Lorsqu'ils ne sont pas utilisés, ils sont rentrés dans la coque pour réduire la traînée et rester discrets.
Le pupitre de plongée est le poste des spécialistes de la plongée.
Ils surveillent la profondeur, l'assiette (le nez du sous-marin plus haut ou plus bas), la gîte (l'inclinaison sur un côté), la pression dans les ballasts.
Ils commandent les barres de plongée, des gouvernes comparables aux ailes d'un avion, qui permettent de monter ou de descendre sous l'eau.
Les ballasts sont de grands réservoirs situés entre la coque épaisse et la coque extérieure. Pour plonger, on ouvre des vannes. L'eau de mer entre alors dans les ballasts et remplace l'air. Le sous-marin devient plus lourd et s'enfonce.
Pour refaire surface, on chasse l'eau des ballasts avec de l'air comprimé. Le sous-marin redevient plus léger et remonte.
C'est une opération qui demande une grande précision. Un remplissage ou une vidange mal dosés peuvent déséquilibrer le bâtiment.
Le navigateur dispose de compas gyroscopique, de cartes marines, de sondeur, de loch (mesure de la vitesse), de répétiteurs de cap.
En plongée profonde, sans GPS, ni visibilité, la navigation repose sur ces instruments et sur le calcul de la route.
Le poste central est relié à tous les compartiments à savoir, salle des torpilles avant, salle des machines, cuisine, radio, commandement.
Les ordres sont transmis instantanément grâce à un réseau de téléphones internes et d'interphones.
Pendant les manœuvres importantes, le commandant se tient au poste central. C'est là qu'il reçoit les informations de chaque spécialiste avant de donner ses ordres.
Une plongée pouvait ressembler à une succession d'ordres très précis :
« Fermez toutes les écoutilles. »
« Ouvrez les purges des ballasts. »
« Immersion périscopique... »
« Profondeur 15 mètres... 20 mètres... 30 mètres... »
Chaque membre d'équipage répondait en répétant l'ordre reçu pour confirmer qu'il était bien compris.
Le poste central est couvert de cadrans indiquant notamment la profondeur, la pression d'air comprimé, l'état des batteries, le niveau des ballasts, le cap, la vitesse, l'inclinaison du sous-marin.
Avant les écrans numériques, tout était lu sur des instruments analogiques. Les sous-mariniers devaient les interpréter rapidement et sans erreur.
C'est une pièce impressionnante.
Le poste d'écoute est l'un des endroits les plus fascinants d'un sous-marin. Quand le bâtiment est en plongée, l'équipage ne voit presque rien, il dépend donc de ce qu'il entend.
Sur l'Espadon, le poste d'écoute est installé à proximité du poste central, afin que les informations recueillies puissent être transmises immédiatement au commandant et au navigateur.
L'espace est exigu, il y a quelques consoles, des appareils électroniques et un ou plusieurs sièges pour les opérateurs.
Les marins affectés au poste d'écoute portent un casque audio relié aux hydrophones (ce sont des capteurs fixés sur la coque du sous-marin. Ils transforment les vibrations de l'eau en signaux électriques, que les opérateurs entendent dans leur casque).
Leur rôle est de détecter, identifier et suivre tous les bruits présents dans la mer.
Ils écoutent en permanence les hélices des navires, les moteurs des sous-marins, les sonars actifs d'autres bâtiments, parfois même les mammifères marins ou des phénomènes naturels.
Leur concentration doit être totale. Ils peuvent rester des heures à analyser les sons.
Avec l'expérience, un opérateur pouvait parfois distinguer un navire marchand d'un bâtiment militaire, un chalutier d'un cargo, un sous-marin d'un navire de surface.
La majeure partie du temps, l'Espadon utilisait le sonar passif c'est à dire qu'il écoutait sans émettre aucun signal.
De cette manière le sous-marin ne révèle pas sa présence.
Le sonar actif fonctionne différemment. Il émet une impulsion sonore (« ping ») qui se réfléchit sur les obstacles avant de revenir vers le sous-marin. Cela permet de mesurer la distance et parfois la direction d'une cible.
En revanche, ce procédé révèle immédiatement qu'un sous-marin est présent. En période de tension ou de guerre, son emploi était donc limité aux situations où il était réellement nécessaire.
Les opérateurs tenaient un journal des contacts. Lorsqu'ils détectaient un bruit, ils notaient par exemple le relèvement (la direction d'où vient le son), l'intensité, son évolution, une première hypothèse d'identification.
En croisant ces informations au fil du temps, le commandant pouvait estimer la route et la vitesse d'un navire, parfois sans jamais le voir.
Le poste d'écoute demandait une excellente audition, une grande capacité de concentration, beaucoup de patience, une bonne mémoire auditive.
Les opérateurs s'entraînaient à reconnaître des enregistrements de différentes signatures acoustiques. Avec l'expérience, certains devenaient capables d'identifier un type de bâtiment en quelques secondes.
Les anciens sous-mariniers racontent souvent qu'après plusieurs jours en mer, ils finissaient par reconnaître des bruits qui passeraient inaperçus pour la plupart des gens. Un simple changement dans le rythme d'une hélice pouvait leur faire penser qu'un navire accélérait, ralentissait ou changeait de cap.
C'est pourquoi on disait souvent que les meilleurs « yeux » d'un sous-marin étaient en réalité ses oreilles. Dans les profondeurs, où la lumière ne pénètre plus et où le périscope est inutile, l'écoute acoustique devient le principal moyen de percevoir l'environnement. C'est un travail discret, exigeant et essentiel, qui a longtemps fait la réputation des équipages de sous-marins. on parle des "oreilles d'or".
La salle des machines est le « cœur » de l'Espadon. Si le poste central est le cerveau, la salle des machines est ce qui donne au sous-marin sa capacité à se déplacer, à produire de l'électricité et à vivre en autonomie pendant plusieurs semaines.
Elle est située dans la partie arrière du sous-marin, entre le compartiment des moteurs et la salle des torpilles arrière.
C'est l'un des compartiments les plus bruyants et les plus chauds du bord.
On y trouve les moteurs Diesel, les moteurs électriques, les générateurs, les compresseurs d'air, les pompes et les installations de production d'énergie.
L'Espadon est un sous-marin diesel-électrique.
Il possède deux puissants moteurs Diesel. Leur rôle n'est pas uniquement de faire avancer le sous-marin.
Ils servent surtout à entraîner les hélices lorsqu'il navigue en surface, à produire l'électricité, à recharger les énormes batteries.
Ces moteurs ne peuvent fonctionner que lorsqu'ils disposent d'air, en plongée profonde, ils sont donc arrêtés.
En immersion, toute la propulsion repose sur deux moteurs électriques. Ils utilisent l'énergie stockée dans les batteries.
Ils font très peu de vibrations, beaucoup moins de bruit et aucune consommation d'air.
Cette discrétion est essentielle pour échapper aux détecteurs ennemis.
Sous le plancher se trouvent deux vastes compartiments contenant des centaines d'accumulateurs au plomb.
Ces batteries représentent plusieurs centaines de tonnes. Elles alimentent les moteurs électriques, l'éclairage, les appareils radio, le sonar, la cuisine, les systèmes de navigation, la ventilation.
Lorsqu'elles sont déchargées, le sous-marin doit remonter en surface ou utiliser son schnorchel (c'est un tube télescopique qui permet au sous-marin de faire fonctionner ses moteurs Diesel tout en restant presque entièrement immergé), pour remettre en marche les moteurs Diesel et les recharger.
Les compresseurs produisent de l'air comprimé.
Cet air sert notamment à vider les ballasts pour refaire surface, lancer certaines torpilles, alimenter différents circuits pneumatiques.
Les bouteilles d'air sont remplies à une pression très élevée et font l'objet de contrôles rigoureux.
La salle des machines abrite plusieurs pompes qui assurent le refroidissement des moteurs, la circulation de l'eau, le transfert des liquides, l'assèchement des compartiments en cas d'infiltration.
Sans elles, le sous-marin ne pourrait pas fonctionner longtemps.
Les mécaniciens sont responsables de toute la propulsion. Ils surveillent en permanence la température des moteurs, la pression d'huile, la consommation de carburant, les vibrations, les niveaux d'eau, la charge des batteries.
Au moindre bruit inhabituel, ils interviennent immédiatement.
Les mécaniciens travaillent souvent dans des conditions éprouvantes.
La salle des torpilles est située à l'avant du sous-marin, elle abrite les tubes lance-torpilles, les torpilles de réserve et une partie de l'équipage. C'est un espace où se mêlent technologie, précision et organisation.
La salle des torpilles remplit trois fonctions principales, stocker les torpilles, les préparer avant un tir, les lancer vers leur cible.
Sur l'Espadon, il existait également des tubes à l'arrière, permettant de tirer vers l'arrière sans avoir à faire demi-tour.
À l'avant, plusieurs tubes lance-torpilles sont alignés dans l'axe du sous-marin. Chaque tube est un cylindre en acier d'un diamètre d'environ 550 mm, correspondant au diamètre standard des torpilles françaises de l'époque.
Une torpille mesure environ 5 à 7 mètres de long (selon le modèle) et pèse plus d'une tonne.
Elle comprend une charge militaire à l'avant, un système de guidage, un moteur, des hélices.
Après le lancement, elle poursuit sa route seule jusqu'à la cible.
Les torpilles sont déplacées à l'aide de rails fixés au plancher, de palans et de treuils, de nombreux hommes travaillant en parfaite coordination.
Avec un poids supérieur à une tonne, la moindre erreur peut être dangereuse.
Avant le lancement, le commandant désigne la cible, le poste central calcule la solution de tir (cap, vitesse, distance), les torpilleurs règlent la torpille, le tube est mis en eau afin d'équilibrer les pressions, la porte extérieure est ouverte, la torpille est expulsée, généralement par de l'air comprimé ou un système d'éjection adapté. Une fois dehors, son moteur se met en marche, le sous-marin reste alors à l'écoute pour vérifier les résultats.
La salle des torpilles n'était pas uniquement consacrée aux armes. Faute de place, on y trouvait aussi des couchettes pour certains marins, des rangements, parfois des vivres au début des patrouilles.
Dormir à quelques dizaines de centimètres d'une torpille de plusieurs tonnes pouvait sembler surprenant, mais c'était le quotidien des sous-mariniers.
C'est l'escalier vers la sortie

Ouf, nous revoilà à l'air libre sur le quai du port
Ouf, nous revoilà à l'air libre sur le quai du port
La visite du sous-marin Espadon est conçue comme un véritable embarquement. Il ne s'agit pas simplement de traverser un musée, le parcours vous fait revivre la mission historique de 1964 sous la banquise arctique, grâce à une mise en scène sonore et lumineuse qui accompagne chaque étape.
La visite du sous-marin Espadon est conçue comme un véritable embarquement. Il ne s'agit pas simplement de traverser un musée, le parcours vous fait revivre la mission historique de 1964 sous la banquise arctique, grâce à une mise en scène sonore et lumineuse qui accompagne chaque étape.
En parcourant les différents espaces (poste de commandement, salle des machines, cuisine, cabines, salle des torpilles), on réalise combien chaque centimètre était optimisé.
La visite permet de comprendre à quel point les conditions de vie étaient exigeantes.
Les couchettes étaient très étroites, une seule douche était disponible pour tout l'équipage, les compartiments étaient remplis de tuyaux, de manomètres, de moteurs et d'équipements électroniques.
La visite qui dure environ 45 minutes permet de comprendre à quel point les conditions de vie étaient exigeantes et dures.
L'un des aspects les plus marquants est le réalisme du parcours. Contrairement à de nombreux musées maritimes, presque rien n'a été retiré. Nous évoluons dans un véritable sous-marin militaire, avec son mobilier d'origine, ses commandes, ses machines et ses compartiments intacts.
Cette authenticité donne une idée très concrète de ce qu'était la vie à bord d'un sous-marin français pendant la Guerre froide.
Claustrophobes, évitez !
Texte de Paulette Gleyze
Photos de Paulette et Gérard Gleyze