dimanche 8 février 2026

Épopées Graphiques, Bande dessinée, comics, manga_Les mondes imaginaires avec science-fiction, fantasy et exploration_partie 3, le polar, le fantastique, l'horreur et l'éros


Après les origines de la bande dessinée dans une première partie
https://ballades-page3873.blogspot.com/2026/01/epopees-graphiques-bande-dessinee.html_partie%201%20:%20les%20origines%20de%20la%20science%20fiction

la science fiction dans une deuxième partie
https://ballades-page3873.blogspot.com/2026/02/epopees-graphiques-bande-dessinee.html

Nous enchainons la visite dans les salles consacrées au polar dans la bande dessinée, au fantastique, à l'horreur et au romanesque.

Le polar en bande dessinée est à la croisée de la littérature, du cinéma et de l'actualité.
Aux Etats Unis, la bande dessinée policière voit le jour sous l'impulsion du sous-genre hardboiled (dur à cuire) des pulps magazines qui font leur apparition au début des années 1920.
Le protagoniste est toujours un détective privé solitaire, cynique et désabusé qui évolue dans un espace urbain déshumanisé, luttant contre le crime à l'époque que la Grande Dépression. Les oeuvres américaines les plus connues de cette époque sont Dick Tracy de Chester Gould, Agent Secret X9 et Pip Kirby sous le trait de l'hyperréaliste de Alex Raymond.

La figure du justicier masqué apparaît en 1939 avec Batman puis le Spirit de Will Eisner. Suivront de nombreuses revues comme Crime Does Not Pay, Real, Clue Crime Stories ou Guilty et les productions d'Entertainment Comics, plus connues sous le nom d'EC Comics.

En Europe, le détective solitaire cède la place aux reporters, tels que Tintin ou Ric Hochet, aux enquêteurs en assurance comme Valhardi ou Gil Jourdan. De 1978 à 1997, la revue A Suivre donne une connotation sombre au polar avec Alack Sinner de José Munoz, Nestor Burma de Jacques Tardi ou encore le détective Jonathan Follisbury de Jean-Claude Claeys.

La bande dessinée animalière s'intéresse de près au polar, comme le montrent les séries Canardo de Benoît Sokal, la Vache de Johan de Moor, Blacksad de Juanjo Guarnido et Grandville de Bryan Talbot.

Louis Forton (1879-1934)_Les Nouvelles aventures des Pieds Nickelés en Amérique, 1930_Encre de Chine, encre et crayon bleu sur papier_Editions SPE (Société Parisienne d'Edition), planche 6_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Jean-Claude Claeys est un illustrateur et auteur de bande dessinée spécialisé dans le roman noir. Il débute sa carrière d'auteur en 1975 dans les pages de la revue Mormoil, créant le personnage du détective privé Jonathan Foolishbury auquel il donne les traits de Marlon Branco.
On retrouve Foolishbury trois ans plus tard, en 1980 dans les pages de la revue A Suivre à l'occasion de la publication de Magnum Song.
Cet album nous plonge dans l'Amérique de la prohibition, de la Grande Dépression, de la corruption et du crime généralisé.
C'est un hommage au roman noir et au cinéma américain. L'ensemble des protagonistes de l'histoire ont la physionomie d'acteurs connus tels Marlon Brando, John Wayne, Clint Eastwood, Robert Mitchum ou Gene Tierney.
Les planches et dessins de Claeys sont travaillés à partir de photographies prises par l'artiste ou glanées dans les film, travaillant à la frontière du roman photo et de la bande dessinée.
Parallèlement à la bande dessinée, Jean-Claude Claeys illustre de nombreuses couvertures de romans policiers, notamment pour les éditions Néo.

Jean-Claude Claeys (Né en 1951)Magnum Song, 1981_Encre de Chine et crayon sur papier_Editions Casterman, Collection les Roman (A Suivre)_ planche 112 et 113_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

José Munoz et Carlos Sampayo racontent la vie d'un ancien flic devenu détective privé,  Alack Sinner. La série créée en 1975 dans les pages des magazines italien Linus et français Charlie Mensuel, s'étend sur plus de six cents pages et dix-huit ans.
Elle se prolonge dans la revue A Suivre à partir de 1982 avec l'histoire Rencontres.
Ces deux pages consécutives ont été dessinées le jour de l'assassinat de John Lennon, le 9 décembre 1980, prouvant combien l'actualité la plus brûlante peut trouver un écho dans une oeuvre de bande dessinée.
Alack Sinner raconte les aventures d'un détective privé dont la spécificité de la série est d'ancrer  le personnage dans son époque, dans les turbulences de la politique, sociales et raciales, qui influent sur le paysage intérieur de cet anti-héros solitaire.

José Munoz (Né en 1942), scénario de Carlos Sampayo (Né en 1943)_Alack Sinner, Rencontres, 1984_Encre de Chine et gouache blanche sur papier_Editions Casterman, Collection les Roman (A Suivre)_ planches 1 et 2_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Jacques Tardi adapte en bande dessinée les principaux romans de Léo Malet.
Avant de dessiner Nestor Burma, il réalise Griffu avec l'écrivain Jean-Patrick Manchette. Ils dessinent et écrivent le storyboard ensemble.
Tardi réalise ensuite tous ses décors d'après les photos qu'il a prise et projetées sur planche, l'encrage se faisant dans la solitude de l'atelier.
Griffu ne met en scène que des ordures, des méchants, des minables, tous amoraux.
On y trouve l'atmosphère des films américains des années 1950 et des romans noirs.
Après la mort de Manchette, Tardi adapte trois autres romans de l'écrivain.
Jacques Tardi (Né en 1946), scénario de Jean-Patrick Manchette (1942-1995)_Griffu, 1978_Encre de Chine sur papier_Editions du Square, collection BD, planche 400_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Jacques Tardi (Né en 1946), d'après l'oeuvre de Leo Malet (1909-1996)_Nestor Burma, Brouillard au pont de Tolbiac, 1996_Encre de Chine et gouache blanche sur papier_Editions Casterman, collection Les Romans (A Suivre), planche 65_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Benoît Sokali (1954-2021), _Une enquête de l'inspecteur Canardo, Noces de Brume, 1985_Encre de Chine et grattage_Editions Casterman, couverture_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Johan De Moor (Né en 1953), scénario de Stephen Desberg (Né en 1954), _La Vache/Pi=3,1416, 1992_Encre de Chine, collage, gouache et encres sur papier_Editions Casterman, planche 14_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Le premier album de Blacksad est un choc dans le monde de la bande dessinée. Sokal avait fait Canardo, Johan de Moor, la Vache mais Juanjo Guamido dont c'est le premier album apporte plus de noirceur, moins de second degré et des planches en couleurs directes avec des codages incroyables.
C'est une première pour l'artiste qui était dessinateur chez Disney et n'avait jamais oublié la bande dessinée.
On est ici dans la tradition du film noir des année 1950 : starlettes et monde du cinéma, voix off, vies ratées, amours gâchés, et passé qui ressurgit.
Quelque part Entre les Ombres est une enquête dans le monde du cinéma faisant suite à la mort d'une actrice.
Elle était l'ancien amour du détective Blacksad, qui se lance alors dans la recherche de la vérité, dans les bas-fonds de New York. Le mobile de ce meurtre s'avère être une sordide affaire de jalousie et de possessivité dans les plus hautes sphères de la société.

Juanjo Guarnido (Né en 1957), scénario de Juan Canales (Né en 1972) _Blacksad, Quelque part entre les ombres, 2000_Encre de Chine et aquarelle_Editions Dargaud, planches 15 et 35_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Bryan Talbot débute la série Grandville en 2000, un polar se déroulant dans la ville imaginaire de Granville, dans une atmosphère mêlant le steampunk futuriste au Paris du XIXe siècle.
Cette ville doit son nom au caricaturiste et illustrateur Jean-Jacques Granville qui a illustré Les fables de la Fontaine ou encore la vie privée et publique des animaux anthropomorphes, comme le fait aussi Bryan Talbot pour cette série.
Pour cela les deux auteurs s'inspirent de la physiognomonie qui postule sur l'analogie  entre les traits du visage et le caractère de l'individu.
Le criminel Mastock, mis sous les verrous par le Brigadier Lebrock, un blaireau, vient de s'échapper de prison.  Lebrock décide d'enquêter sur cette évasion.
Une vague d'assassinats de prostituées commence sur fonds de bouleversements politiques. Lebrock et Roderick se rendent à Pigalle et découvrent le meurtre très récent d'une prostituée.
Mastock caché sur les lieux du crime, parvient à s'échapper, laissant Lebrock face à la police 


Bryan Talbot (Né en 1952) _Grandville, Mon Amour 2011_Encre de Chine sur papier_Editions Dark Horse Comics, planches 37, 39 et 48_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

En 1933, le magnat William Randolph Hearst suggère au King Features Syndicate, la branche chargé de la diffusion des comics strips, de solliciter Dashiell Hammet pour créer une série capable de concurrencer Dick Tracy.
Hammet est l'auteur remarqué de la Moisson Rouge et du Faucon Maltais.
Cette série fait se rejoindre ls courants majeurs de la culture populaire américaine, autour du roman noir, le Pulp et le comics strip.
Elle sera un échec à cause de l'incapacité de Hammet à tenir les délais et sa difficulté à s'y intéresser, au regard de ses projet à Hollywood.
Ces trois strips font partie de la première et meilleure histoire du duo Hammet_Raymond et s'intitule X-9 contre le Dominateur. Ils montrent toute l'atmosphère de la série, l'action, l'intrigue, la séduction mais aussi l'humour.


Alexandre Gillepsie Raymond dit Alex Raymond (1909-1956), scénario de Dashiell Hammet (1894-1961) _Agent secret X-9, Le dominateur, 1934_Encre de Chine et crayon bleu sur papier_Réalisé pour le King Features Syndicate_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Gilbert Gascard dit Tibet (1934-2010), scénario de André-Paul Duchâteau (1925-2020) _Ric Hochet, Rapt sur le France, 1968_Encre de Chine sur papier_Editions du Lombard, collection Une histoire du journal de Tintin planche 50_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Dans les bas-fonds des villes et des âmes : en 1991, Franck Miller crée Sin City, une série en noir et blanc dans la tradition du polar avec détectives, Bad boys et femmes fatales, le tout dans une mégapole imaginaire.
Sombre et violente , cette série est adaptée au cinéma en 2005.
Dans son sillage suivent 100 Bullets d'Edouardo Risso, les Comics d'Ed Brubaker ou encore la série Stray Bullets par David Lapham.
Au Japon, le polar est un genre important au sommet duquel se trouvent les séries Detective Conan, Monster, Cat's Eye et City Hunter de Tsukasa Höjö.
Le précurseur du genre est Takao Saitö avec Golgo 13, tueur à gage et sniper. Il s'agit du manga le plus long de l'histoire, avec plus de 200 volumes publiés et 300 cents millions d'exemplaires vendus dans le monde.
Parmi les autres oeuvres du genre, on note la série ultra violente Jigoku no Senki (le démon funeste) de Toshio Maeda ou Wet Moon de Atsushi Kaneko.
En France, à la fin des années 1980, sont publies les séries XIII de Jean Van Hamme, dessinées par William Vance, puis Lago Winch. Les héros se retrouvent dans un engrenage, devant faire face à de nombreux tueurs et machinations. le protagoniste y mène l'enquête pour retrouver les commanditaires de ces assassinats pour retrouver sa liberté.

Frank Miller est l'auteur de bande dessinée américain le plus influent de la fin du XXe siècle dans l'univers du Comics. Il le fait basculer l'univers des super héros dans le Dark Age, celui du pessimisme, de la violence et du doute en la toute puissance des super héros.
Son style nerveux en aplats de noirs et rehauts de blanc est unique et a fait école. Ses scénarios denses et morcelés sont aujourd'hui la norme dans l'industrie du Comics.
Après une dizaine d'années passées à relooker l'univers de Daredevil, Frank Miller débute en 1991 la série, Sin City, créant un univers clos centré sur une ville imaginaire, comme Gotham pu Métropolis.
Sin City demande à l'auteur plus de 10 années de travail.
Le Grand carnage 'Big Fat Kill" débute par une scène au cours de laquelle Dwight protège sa petite amie d'un ex violent, Jackie.
L'ex éconduit se rend dans la vieille ville de Basin City, où il est exécuté par des prostituées. Jackie est en fait Jack Rafferty, inspecteur de police.
Afin d'éviter une nouvelle guerre entre la police et les prostituées, Dwight fait disparaître son corps dans les marais. La tête de Jackie devient alors l'enjeu des combats.
Frank  Miller (Né en 1957), Sin City, Big fat Kill, 1995_Encre de Chine, gouache blanche et crayon de couleur bleu sur papier_Editions Dark Horse Comics, chapitre 4, planches 8 et 15_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Edouard Risso (Né en 1959), scénario de Brian Azzarello (Né en 1962)_  Batman, Broken City, 2004_Encre de Chine sur papier_DC Comics, planche22 du N° 621_Editions Dark Horse Comics, chapitre 4, planches 8 et 15_Collection privée, Courtesy Mel Publisher


Edouard Risso (Né en 1959), scénario de Brian Azzarello (Né en 1962)_  100 Bullets, New York Tricks 1, 2005, 2004_Encre de Chine sur papier_DC Comics, Collection Vertigo, planches 16 et 22_Editions Dark Horse Comics, chapitre 4, planches 8 et 15_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Takao Saitö (1936-2021)_ Golgo 13, 1973 _Encre de Chine, feutre noir et encres sur papier_Publiée dans Big Comic, couverture_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

L'ouvre de Atsushi Kaneko est marquée par le cinéma (Lynch, Tarantino) et la musique punk rock et garage rock. Il emprunte certains codes au mouvement steampunk et aux bandes dessinées de Charles Burns et Jamie Hewlett. Ce mélange fait de Kaneko l'un des artistes les plus atypique du manga contemporain.
En 1997, Atsushi Kaneko débute la série Bambi dans les pages du magazine Monthly Comic Beam.
Bambi est une chasseuse de primes déjantée de 16 ans au look grunge.
Elle kidnappe un mystérieux enfant, Pampi, afin de le remettre aux "vieux", ses commanditaires.
Gabba King, soi-disant le père de l'enfant kidnappé envoie une annonce à tous les tueurs à gage du pays pour tenter de récupérer l'enfant et de faire disparaître Bambi, le tout assorti d'une récompense de 500 millions de dollars.
S'ensuit ensuite une folle course poursuite sur 6 volumes.
Une relation quasi maternelle se créée au fur et à mesure de l'aventure entre Bambi et Pampi
Atsuhi Kaneko (Né en 1966)_ Bambi, Point, 23, The Piggy Town Massacre, 1998_, Encre de Chine sur papier_Editions Imho en France, Enterbrain au Japon, planche 23_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Atsuhi Kaneko (Né en 1966)_ Wet Moon, 2011 _Encre de Chine et encres sur papier_Editions Enterbrain au Japon, Editions Casterman en France, collection Sakka, planche 3_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Toshio Maeda (Né en 1953), scénario de Shirö Azuma_ Jogoku (Le démon funeste), 1977 _Encre de Chine, encres et gouache blanche sur deux feuilles de papier assemblées_Editions Hobunska au Japon, Editions Black Boy en France, page de titre du chapitre "quatrième tir, jouer les assassins au coeur de la nuit _Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Toshio Maeda (Né en 1953)_ Sans titre,  vers 1985 _Encre de Chine, feutre noir et gouache blanche sur deux feuilles de papier assemblée, double page 268-269 d'un ouvrage non identifiés_ Collection privée, Courtesy Mel Publisher

La série 
Jigoku no Senki est créée en 1977 et publiée dans le magazine ecchi-hentaï Manga Erotopia.
Le scénario est de Shirö Azuma, le dessin de Toshio Maeda. Bien qu'il s'agisse d'un manga policier, c'est dans un magazine érotique que cette bande dessinée voit le jour.
Ancien inspecteur de police devenu chauffeur de taxi, Yajima mène une double vie. Chauffeur de taxi le jour, assassin professionnel enchainant les contrats la nuit.
Ces deux activités lui permettent de gagner juste assez d'argent pour couvrir les frais d'hôpitaux de sa fille Maiko. Son employeur au courant de sa situation financière, le fait chanter.
La ville de Tokyo est en proie au crime et à la débauche généralisée.
Ce manga hyper violent, pornographique par endroit, est anticonformiste et immoral.
Drogue, sexe, viols, corruptions, marché noir, prostitution, trahisons, meurtres jalonnent sans temps morts les pages de ce manga.

Les courses poursuites sont un passage incontournable de tout bon polar.
Celle de Largo Winch pour l'album Shadow est un hommage à la course poursuite de Steve MC Queen dans Bullitt, dans les rues de San Francisco, dont on reconnait l'architecture de certains immeubles.
La Ford Mustang Fastback GT 390 du héros a laissé la place ici à une moto.
Hermann et Philippe Francq, tous deux belges, prennent plaisir à délocaliser leurs histoires sur le sol américain.

Philippe Francq (Né en 1961), scénario de Jean Van Hamme (Né en 1939)_Largo Winch, Shadow, 2002 _Encre de Chine et gouache blanche sur papier Editions Dupuis, collection Repérages, planche 24 et 25 _Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Annie Goetzinger (1951-2017), scénario de Pierre Christin  (1938-2024)_Agence Hardy, Le poisson rouge, 2001 _Encre de Chine sur papier Editions Dargaud, planche 28_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Hermann Huppen dit Hermann (Né en 1938), scénario de Yves Huppen dit Yves H  (Né en 1967)_Liens de sang, 2000 _Mine de plomb, gouache et aquarelle sur papier Editions du Lombard, collection Signé, planche 48_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Le genre fantastique fait entrer l'étrange et le surnaturel dans la bande dessinée.
Il peut s'épanouir dans la science-fiction, ou vers l'horreur. 
Des années 1950 à 1970, les éditions DC Comics, les revues Eerie et Creepy et les éditions Elvifrance associent tous ces éléments.
Il faut attendre les années 1980, pour que deux auteurs américains arrivent à définir les contours d'un nouveau genre marqué par l'étrangeté et le malaise permanent. Il s'agit de Daniel Clowes et Charles Burns.
Le point de départ de leurs récits est celui des banlieues américaines et des vies insipides.
Très vite les intrigues aux récits destructurés basculent dans un univers sordides peuplés d'individus marginaux.
En France, Stéphane Blanquet et Ludovic Debeurme jouent sur les malformations, les matières organiques en état de décompositions et les pulsions humaines.
Au Japon, une avant-garde graphique proche des mouvements punk et alternatifs apparait dans les années 1970 et trouve son principal débouché dans la revue Garo.
S'opposant aux codes du manga traditionnel, elle choisit le dessin maladroit et des histoires désarticulées.
Ce mouvement croise celui de l'Ero Guro Nansensu, porté par Suehiro Maruo.
Dans le prolongement émergent des artistes tels que Daisuké Ichiba, Atsushi Kaneko, Imiri Sakabashira qui représentent sous un trait plus naïf un monde fantastique peuplé d'un bestiaire délirant.

Nicolas de Crécy (Né en 1966)_Tête bleue, 2011 _Encre de Chine et aquarelle_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Comme un gant de velours pris dans la fonte est publié dan la revue alternative Eightball, créée par Daniel Clowes. Cet album fait suite aux histoires courtes de Lloyd Lewellun, mais dans une veine plus sombre, plus inquiétante, plus malsaine.
Il s'agit d'une bascule de l'oeuvre de Clowes, passant d'un humour léger à une atmosphère plus étrange.
On retrouve dans cette bande dessinée l'influence des films de  David Lynch.
Chaque chapitre est introduit par le portrait d'un des protagonistes de l'histoire, à la limite de la carricature.
L'histoire est hermétique, elle tient en haleine de bout en bout. Ce monde trouble développé par Clowes est celui de toutes nos pensées les plus obscures.
Daniel Clowes (Né en 1961)_Like a Velvet Glove Cast in Iron (comme un gant de velours pris dans la fonte), 1992 _Encre de Chine, gouache et trames_ Publiée dans la revue Eightball, N°8, Fantagraphics, chapitre 8, page de titre_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Black Hole est publié aux Etats Unis de 1995 à 2005. Il s'agit du premier long récit de l'artiste. Avant cela, Charles Burns publiant des histoires courtes dans différentes revues., notamment Raw de Art Spiegelman et Françoise Mouly.

Dans la banlieue de Seattle, au milieu des années 1970, un groupe d'adolescents doit faire face à une mystérieuse maladie sexuellement transmissible, "la crève" un virus amenant d'étranges mutations corporelles uniquement chez les jeunes.
Les purs restant en ville, ceux touchés par la maladie sont marginalisés et finissent par s'isoler dans des abris de fortune dans les bois, vivant une vie de bohème et de retour à une sorte d'état primitif.
Cette série évoque le mal être des adolescents dont les corps en mutation et l'éveil aux sentiments amoureux bouleversent l'équilibre sécurisant de l'enfance.
Charles Burns (Né en 1955)_Black Hole 4, Bag Action, 1997 _Encre de Chine, sur papier_ Editions Kitchen Sink Press aux Etats-Unis, Editions Delcourt en France, page de titre_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Daisuba Ichiba est à la fois illustrateur et auteur de bandes dessinées. Dans sa jeunesse, il est fortement marqué par les funérailles de sa mère et la découverte de ses nombreux cadavres d'animaux en décomposition.
Par ses récits, il exprime la puissance de la vanité, l'insignifiance et la fragilité de l'existence humaine.
Son style se nourrit de l'esthétique du manga, notamment des mouvements de l'Ero Guro Nansensu, mêlant horreur, grotesque et érotisme ou Heta Uma, ce mouvement graphique créé dans les années 1970 dans la revue Garo, qui s'oppose au manga classique, revendiquant un dessin maladroit.
Daisuke  Ichiba (Né en 1963)_Ezumi, 2005 _Encre de Chine et collages sur papier_Editions le Lézard noir_Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Daisuke  Ichiba (Né en 1963)_Sans titre, vers 2014 _Encre de Chine et encres sur deux feuilles de papier_ Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Atsushi Kaneko (Né en 1966)_Soiru 11, bloc 3-33,  2004 _Encre de Chine sur papier_Editions Enterbrain au Japon, Ankama éditions en France, collection Kuri, chapitre 3-33, planche 17 Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Mochizuki Katsuhiro dit Imri Sakabashira (Né en 1964)_Sans titre,  vers 2015 _acrylique sur toile marouflée sur carton_ Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Christian Hincker, dit Blutch (Né en 1967)_Sans titre,  2010 _Pastel sur papier_ Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Patrice Killofer (Né en 1966)_Le jardin des délices,  2020 _Mine de plomb et encre de Chine sur papier monté sur bois librement inspiré du Jardins des délices de Jérôme Bosch_ Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Lorenzo Mattotti est auteur de bandes dessinées, peintre et illustrateur. Il commence sa carrière au milieu des années 1970, avant de fonder le collectif Valvoline, qui renouvelle l'esthétique de la bande dessinée.
Très vite, il alterne les projets en noir et blancs et en couleurs, passant tour à tour de la bande dessinée à l'illustration à la peinture, travaillant pour de nombreuses revues, la mode et le cinéma.
C'est par l'intermédiaire de Art Spiegelman que Lorenzo Mattotti est soufflé à Lou Reed, qui cherche un dessinateur pour illustrer son interprétation conceptuelle de la nouvelle d'Edgard Poe, the Raven (le corbeau).
Lou Reed vient de sortir son double album sur ce poème et est en train de monter un spectacle avec Robert Wilson.
Lorenzo Mattotti qui admire le symbolisme, le romantisme et le fantastique, se lance alors dans la réalisations de 24 illustrations en couleurs.



Lorenzo Mattotti (Né en 1954), scénario de Lewis Allan Reed dit Lou Reed (1942-2013), librement adapté de l'oeuvre d'Edgar Allan Poe (1809-1849)_The Raven, 2009 _Pastel et crayon gras sur papier, Editions du Seuil, Collection fiction & Cie_ Collection privée, Courtesy Mel Publisher

C'est en 1980 que EC Comics publie les revues The Crypt of Terror, The Vault of Horror et the Haunt of Fear, lançant la première vague de comics d'horreur.
Cette ascension fulgurante est brusquement interrompue en 1954 parla création  de la Comics Code Authority, chargée de réguler le contenu de comics. Toute représentation de scène de violence et de sexualité est désormais proscrite, sonnant le glas des premiers comics d'horreur.
Il faut attendre la parution des revues Creepy, Eerie et Vampirella pour voir l'horreur s'épanouir à nouveau en bande dessinée. Les dessinateurs les plus emblématiques de cette priode sont Richard Corben et Bernie Washington..
Marvel Comics et DC Comics restent assez imperméables à la bande dessinée horrifique, en dehors des séries Tom of  Dracula et Swamp Thing. Avec le Walking Dead au début du XXIe siècle, l'horreur permet également d'aborder d'autres sujets, notamment la psychologie des personnages face aux situations extrêmes.
Au Japon, le genre apparaît en 1959, dans les librairies de prêt avec Dhigeru Misuki et Gegege no Kitaro. Cette série réconcilie la culture traditionnelle japonaise et le monde des Yökais avec le Japon du début des années 1960.
Au même moment, Kazuo Umezu, premier mangaka maître de l'horreur, cherche à susciter une terreur directe auprès des enfants.
Plusieurs artistes reprennent par la suite ce même objectif, tels que Hideshi Hino et Junji Itö
Shigeru Mura dit Shigeru Mizuki (1922-2015)_Gegege No Kitaro, La Bêêête, 1967 _Encre de Chine et gouache sur papier, Editions Editions Kodansha au Japon, éditions Cornélius en France, page de titre_ Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Les éditions Optal sont une maison d'édition spécialisée dans le roman policier et la science fiction. Dans les années 1960-1970, Opta publie notamment dans la revue d'anticipation Galaxie, dont certaines couvertures sont réalisées dès la fin des années 1960 par Philippe Druillet ou Caza.
Ce sont les romans de la collection Galaxie bis qui voient dans les années 1970, les plus belles illustrations de ces artistes, mais également de Moebius et d'Enki Bilal.
Philippe Cazaumayou dit Caza (Né en 1941)_La tour des Mirages, 19672 _Encre de Chine et aquarelle sur papier, Publié en couverture de la revue Galaxie, N° 100, éditions Opta_ Collection privée, Courtesy Mel Publisher

2029, en méditerranée, un sous-marin de la marine américaine, L'USS Nebraska, attiré par le signal d'une balise de détresse, découvre dans une grotte sous-marine un sous-marin russe des années 1950, mystérieusemnt échoué à plus de 2000 mètres de profondeur à proximité d'un temple sumérien.
La folie et la peste s'emparent de l'équipage.
Deux équipes d'exploration quittent tour à tour le sous-marin dans une mission de dernière  chance pour rejoindre le temple, seul chemin possible vers la surface.
Ils font alors face à l'horreur et à la présence d'une mystérieuse créature sadique et meurtrière, incarnation du mal.
On bascule dans le Survival horrifique à la manière d'Alien.
Pendant que l'équipe de sauvetage se fait décimer, une autre équipe est à l'oeuvre pour sauver le sous-marin et son équipage.


Christophe Bec (Né en 1969), scénario de Xavier Dorison (Né en 1972)_,Sanctuaire, Moth, 2004_Encre de Chine sur papier, Editions Les Humanoïdes Associés, planche 17 à 19_ Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Ben Templesmith (Né en 1984), scénario de Steve Niles (Né en 1965)_30 Days of Night, Red Snow, 2007__Encre de Chine, lavis et gouache sur papier teinté, Editions Delcourt, Collection Contrebande, planche 4_ Collection privée, Courtesy Mel Publisher

The Tomb of Dracula est publiée par Marvel de 1972 à 1979. Il permet à l'horreur de revivre en bande dessinée après l'âge d'or de ED Comics au début des années 1950.
Cette première vague de l'horreur a été interrompu par l'instauration du Comics Code Authority, véritable censure de la liberté d'expression.
En 1971, certaines règles sont assouplies, telles que l'interdiction de la reproduction de vampires.
Marvel décide de reprendre le personnage de Dracula créé par Bram Stoker, tombé dans le domaine public.
Cet épisode se passe en Moldavie dans un village de paysans pauvres.
Une jeune femme est envoutée et mordue par son défunt mari devenu vampire, Gorna, un homme violent, jaloux et possessif.
Depuis, par delà la mort, Gorna continue d'étendre son emprise sur sa femme en tuant tous éventuels prétendants.
Dracula doit combattre Gorna, rendu plus fort par le pouvoir de la foudre 
Eric Powell (Né en 1975)_The Goon 2, 1999_ gouache sur carton, Editions Avatar Press, couverture_ Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Né au Nord-est de la Chine de parents japonais, Hideshi Hino est contraint dès l'enfance de fuir vers son pays d'origine, anéanti par les bombardements atomiques.
Ce Japon dévasté dans lequel Hino grandit lui inspire ses histoires peuplées d'êtres difformes où se mêlent horreur et humour grinçant.
L'auteur renouvelle le genre du manga d'horreur dans les années 1970, aux côtés de Shigeru Mizuki et Kazuo Umezu.
La fillette de l'enfer, l'un des premiers mangas publié, raconte la naissance d'une enfant difforme, qui est abandonnée dans une décharge par son père.
Elle y apprend à survivre au milieu des bêtes et de la pourriture.
Un jour, elle découvre la ville voisine. Elle y prend goût à la viande humaine.
Elle retrouve sa famille et découvre qu'elle a une soeur jumelle avant de connaître un destin tragique et de retourner dans son monde.
Hideshi Hino (Né en 1946)_Kyoufu Jogoku (la fillette de l'enfer), 1985_ Encre de Chine sur papier_Editions Hibari Hit Comics_ Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Hideshi Hino (Né en 1946)_Kyoufu Jogoku (la fillette de l'enfer), 1985_ Encre de Chine et Encres sur papier_Editions Hibari Hit Comics, couverture_ Collection privée, Courtesy Mel Publisher

L'oeuvre de Suehiro Maruo est à part dans l'industrie du manga. S'opposant au politiquement correct et au bon goût, il publie des histoires courtes dans de petites maisons d'édition, dans des revues reliées au monde de la pornographie.
Très fortement influencé par les romans d'Edogawa Rampo, il devient le chef de file du mouvement littéraire Ero Guro Nansensu, mêlant érotisme, gore, violence funèbre et grotesque.
Son oeuvre est un véritable Melting pot culturel, qui convoque tour à tour la culture japonaise et occidentales, l'expressionnisme allemand, les romans du marquis de Sade, de Jean Genet ou de Georges Bataille.
Les films de Buñuel, le surréalisme des oeuvres de Hans Bellmer, l'horreur ou encore la poésie expérimentale y sont invoqués

Suehiro Maruo (Né en 1956)_Lunatic Lover's, Hoichi sans oreille, 1991_ Encre de Chine, gouache blanche et trames de gris sur papier_Publiées dans la revue Garo, juin 1991_Editions Lézard noir, doubles planches 34-35 et 46-47_ Collection privée, Courtesy Mel Publisher

Avec le journal Pilote en 1959, puis Hara Kiri en 1960, la bande dessinée dite "adulte" est une réalité.
En 1965, la revue Linus offre à ses lecteurs une "littérature graphique" de qualité.
Le choix du titre n'est pas un hasard puisqu'inspiré d'un personnage de Linus Van Pelt de la série Peanuts (Snoopy).
Son auteur, Charles Schulz, considère Linus comme son "alter égo sérieux", le génie de la famille", intelligent et cultivé.
Les jeunes auteurs de la bande dessinée plus mature y sont tous publiés : Pratt, Copi, Altan, Crepax, Pichard et Breccia.
En 1967, Hugo Pratt créé Corto Maltese. Publié dans Pif de 1970 à 1973, ce personnage insaisissable évolue dans un monde du début du XXe siècle. En 1973, Casterman édite pour la première fois cette série en albums reliés, avant de publier les histoires d'Adèle Blanc Sec de Jacques Tardi trois ans plus tard.
La maison d'édition n'a pas de revue de prépublication et souhaite élargir son offre en bande dessinée à un lectorat plus adulte.
C'est ainsi qu'est fondée en 1978, la revue A Suivre dans laquelle s'épanouissent des auteurs tels que Forest, Auclair, Pratt, Tardi, Comès, Munöz, Bourgeon, Rochette et Schuiten.
Le premier numéro donne le ton : "A Suivre sera l'irruption  sauvage de la bande dessinée dans la littérature...". Les  prépublications d'abord en noir et blanc, sont réparties en quatre chapitres et non plus en quelques pages consécutives.
Au début des années 1990, la maison d'édition "L'Association reprend cet esprit romanesque"

Jean Marc Rochette commence à publier ses bandes dessinées dans Actuel puis dans L'Echo des savanes avec les aventures de Edmond Cochon.
En 1982, il dessine le Transperceneige pour la revue A Suivre, sur un scénario de Jacques Lob puis de Benjamin Legrand.
En 2018, il revient à la bande dessinée avec une trilogie chez Casterman, sur le thème de la montagne, de la nature et du rapport qu'entretient l'homme avec celles-ci.
Le premier volume, Ailefroide, altitude 3954, raconte sa passion pour l'alpinisme.
Le loup son second récit raconte la lutte entre un berger et un grand loup blanc.
Dans La Dernière Reine, on bascule au sortir de la 2e guerre mondiale, dans une histoire d'amour entre une gueule cassée et une sculptrice, entre Paris et la région de Grenoble.
Cet ouvrage est une ode à l'art moderne et à la force et brutalité de la nature.
Dans ces trois ouvrages réalistes, il est question de quête spirituelle et de rédemption dans une nature sauvage et austère, renvoyant directement à  la vie de son auteur.

Jean Marc Rochette (Né en 1956)_Scénario de jean Marc Rochette et Olivier Bocquet (Né en 1974)_La dernière reine, 2022_ Encre de Chine sur papier_Editions Casterman, planches 89 et 97_ Collection de l'artiste


Jean Marc Rochette (Né en 1956)_Scénario de jean Marc Rochette et Olivier Bocquet (Né en 1974)_Le Loup, 2019_ Encre de Chine sur papier_Editions Casterman, planches 39 et 45_ Collection de l'artiste


Jean Marc Rochette (Né en 1956)_Scénario de jean Marc Rochette et Olivier Bocquet (Né en 1974)_La dernière reine, 2022_ Encre de Chine sur papier_Editions Casterman, planches 84 et 102_ Collection de l'artiste

De 10 à 16 ans, Hugo Pratt vit en Ethiopie avec sa famille. Il y apprend l'abyssin, le swahill et les coutumes du pays. Ces années en Ethiopie marquent le début du nomadisme de Pratt, tout comme son héros Corto Maltese, qui en bon marin semble n'avoir aucune attache.
Cush est l'un des personnages les plus importants des aventures de Corto Maltese. C'est un nomade solitaire, un chamelier et un guerrier, fidèle au Coran, se battant pour la libération de son peuple. Il permet ici à Hugo Pratt à s'attaquer au racisme.
Cette histoire se déroule au Yémen. Elle commence par la sourate 93 du Coran, continue avec la 18e puis la 48e et la 113 "l'aube naissante" avant de se terminer sur la sourate 110, montrant la connaissance qu'a Hugo Pratt du Coran.
Il est question de religion et de tolérance. Corto Maltese est chargé de libérer le prince Saoud, prisonnier dans la forteresse de Turban aux mains des Turcs. Il y parvient grâce à l'aide de Cush et des Ecossais.
Hugo Pratt (1925-1995)_Coro Maltese, les Ethiopiques, au nom d'Allah le très miséricordieux, le compatissant, 1972_ Encre de Chine et feutre sur papier sur papier_Editions Casterman, planche19_ Collection privée, Courtesy MEL Publisher


Bernard Cosandey, dit Cosey (Né en 1950)_Jonathan, Greyshor Island, 1986_ Encre de Chine et gouache blanche sur papier_Editions du Lombard , planche16_ Collection privée, Courtesy MEL Publisher


Jacques Tardi (Né en 1946)_Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc Sec, Adèle la bête, 1976_ Encre de Chine et gouache blanche sur papier_Editions Casterman, ouverture et planche 24_Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Le 6 juin 1944, Cécile, cette jeune résistante, se retrouve en cellule dans un commissariat parisien, à la suite d'une dénonciation pour marché noir par un mystérieux corbeau.
Elle est rapidement rejointe dans sa cellule par François, prit en flagrant délit de vol.
Grâce à une alerte au bombardement, ils parviennent à fuir par les toits où ils devront passer la nuit, sous la pluie avant de pouvoir redescendre au petit matin.
Jean Pierre Gibrat travaille en couleurs directes. Lorsqu'il réalise une planche, le dessin n'est pour lui qu'un élément de narration.
Jean Pierre Gibrat (Né en 1954)_Le vol du corbeau, 2006_ mine de plomb, encre de Chine et aquarelle sur papier_Editions Dupuis, collection Aire Libre, couverture du coffret_ Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Bryan Talbot est l'un des pères du roman graphique en Angleterre.
En 1978, il réalise une oeuvre de science-fiction. Les Aventures de Luther Arkwrigt, il participe à la revue anglaise de science fiction 2000, AD, l'équivalent de Métal Hurlant en France.
Il est l'auteur de la série policière Grandville.
En 1994, pour l'éditeur américain Dark Horse, il s'attaque à un sujet rarement abordé en bande dessinée : l'inceste.
Il utilise pour cela l'une des oeuvres anglaises à destination de la jeunesse, Tale of Bad Mice (Deux vilaines souris) de Béatrix Potter, dans lequel deux souris vandalisent une maison de poupée, comme un parent peut détruire l'innocence d'un enfant.
On suit dans ce roman graphique la vie d'Helen, qui fugue de chez elle, accompagnée de son rat de compagnie pour fuir les abus de son père et le refus de sa mère de voir la vérité.
Elle parvient à se reconstruire, accompagnée par un couple d'adultes bienveillants en allant sur les traces de l'écrivaine Beatrix Potter.

Bryan Talbot (Né en 1952)_The Tale of One Bad Rat, 1994_ Encre de Chine sur papier_Editions Editions Dark Horse Comics, planche 53 et 93_ Collection privée, Courtesy MEL Publisher

Si la bande dessinée des premiers jours est née pour divertir, faire rire et voyager, de nouveaux genres vont lui succéder : la science-fiction, le polar, la fantasy, l’horreur, l’érotisme, le romanesque, le récit intime ou encore l’autobiographie vont se développer.

Ces différents genres sont incarnés dans l’exposition par les planches de dessinateurs d’Europe, des États-Unis et du Japon, les trois principaux foyers de création. Certains artistes tels que Moebius, Enki Bilal ou Philippe Druillet feront l’objet de focus.

Aujourd’hui la bande dessinée s’empare de tous les genres traditionnels, les mêle les uns aux autres pour former des œuvres innovantes, complexes et fortes, aux formes graphiques toujours plus libres.

La visite se termine ainsi sur l’idée que la bande dessinée est un art à part entière, capable d’explorer l’ombre, l’imaginaire et les passions humaines avec une force singulière.

Texte de Paulette Gleyze grandement inspiré par les commentaires d'Eric et les cartels de l'exposition.


Photos de Gérard et Paulette Gleyze


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