Une grande partie des objets organiques découverts dans le lac a été traitée par ARC-Nucléart, un laboratoire grenoblois spécialisé dans la conservation des matériaux archéologiques fragiles.
Depuis les années 1970, ce laboratoire a développé des procédés permettant de stabiliser les bois, cuirs et autres matériaux organiques retrouvés dans l'eau.
Il y a 4 700 ans, une forêt dense de sapin, de feuillus, comme le hêtre, le frêne et l'érable couvre le territoire autour du lac de Paladru.
Il connait une évolution rapide avec les défrichements des premières installations néolithiques. La construction des maisons nécessite de nombreux sapins, le hêtre est un combustible privilégié, l'if, l'orme et le buis servent à la confection d'objets et d'outils.
Les maisons de plan rectangulaire, sont vastes. Leur fondation est assurée par des pieux verticaux enfoncés dans la plage de craie. Les murs montés à l'aide de branche de noisetiers et de houx entrecroisées, sont enduits de terre. La toiture est recouverte de chaume, roseaux ou écorces.
S'installer dans un milieu naturel humide confronte les hommes à des conditions de vie difficiles, mais elle offre de véritables atouts comme un accès aux ressources naturelles et alimentaires, une facilité de circulation et une protection contre d'éventuels assaillants.
Au maximum un village occupe environ 1 500m2.
Habitat vers 2660 avant notre ère, d'après l'interprétation d'A Bocquet_Echelle 1/100e (1cm=1m)_conception Ducaroy Grange.
L'herminette est l'outil du charpentier-bâtisseur. Sa lame, perpendiculaire au manche permet de creuser, d'équarrir les troncs ou d'aplanir une surface.
Planche (bois indéterminé), manche d'herminette (érable), pieu refendu (bois indéterminé), pointe de pieu (bois indéterminé), pieu à tenon (aulne), bois avec mortaise et pointe aménagée (sapin), bois travaillé avec mortaise (noisetier)_Dépôt Collection Musée Dauphinois, Département de l'Isère_Don de la SCI du Lac de Paladru
La sédentarité, les nouveaux moyens de subsistance et la croissance démographique transforment les rapports entre les hommes. La saisonnalité des cultures, le stockage des récoltes et l'entretien du bétail imposent de nouveaux rythmes de vie, de travail et une répartition des tâches au sein du groupe.
Après l'abandon du site néolithique, les rives du lac sont encore fréquentées, mais de manière épisodique.
Les Allobroges y sont peu présents. A l'époque romaine, cette population habite de nouveau sur les berges du lac, à l'écart des grandes routes ou des villes.
La population décroît au IVe siècle dans un contexte de détérioration du climat et de réorganisation territoriale à l'échelle de l'empire romain.
Une reprise d'occupation est perceptible au travers des traces d'écobuages et de cultures du VIIe au IXe siècle.
Cependant la forêt se développe de nouveau au Xe siècle, fournissant de vastes espaces à défricher aux trois colonies de l'an mille : les Ars, Les grands Roseaux et Colletière;
Hypothèse de restitution de M Colardelle et M Paulin_Echelle 1/100e (1cm=1m)_Conception Ducaroy-Grange
La cuisine est à base de bouillies ou de gruaux de céréales cuits dans de solides poteries à pâte grise.
Colletière présente un modèle social original. Il pourrait s'agir de l'installation de paysans libres, propriétaires de leurs terres et dépendants du seigneur.
L'intérêt de cette section n'est pas seulement de présenter des objets médiévaux, mais de reconstituer la vie quotidienne d'une petite communauté de l'An Mil, son habitat, son alimentation, son armement, ses activités agricoles, ses loisirs et son organisation sociale.
Le lac de Paladru est considéré comme un site majeur pour le développement de l'archéologie subaquatique française, et le musée explique très bien comment les chercheurs travaillent dans un environnement immergé.
Après cette belle visite nous nous rendons au restaurant "La Tourelle" tout proche, où nous est servi un très bon repas et où il a été permis de nombreux et riches échanges avec nos homologues lyonnaises.