dimanche 13 août 2017

Voyage en terres Balkaniques : l’Albanie_2e jour_Krujë et Shkodra

Le deuxième jour de notre voyage, après un passage à l’aéroport pour récupérer les voyageurs parisiens qui n’ont pas eu leur correspondance la veille, nous partons vers le nord.

Nous faisons une étape à Krujë pour une visite de la citadelle qui abrite le musée Gjergy Kastrioti Skanderberg, héros national, qui a battu les turcs au XVe siècle.

Nous visitons aussi le musée ethnographique et le vieux bazar hérité de la période ottomane.

Après le déjeuner nous reprenons la route pour Shkodra (ou Skhoder), une des plus vieilles villes d’Albanie.

Krujë
Krujë ou Kruja est une petite ville du centre de l’Albanie (environ 20 000 habitants), perchée à près de 600 m d’altitude sur une impressionnante falaise.
 

 De là nous avons une formidable vue.
 

 Krujë occupe une place importante dans le coeur des Albannais car c'est la ville natale du héros national albanais Skanderberg, qui a lutté contre l’envahissement de l’Albanie par les Ottomans au XVe siècle.

Le père de Gjergy Kastrioti Skanderberg , seigneur de la Moyenne Albanie, avait été obligé par les Ottomans de payer un tribut à l'Empire. Pour s'assurer de la loyauté de ses dirigeants régionaux, le sultan avait l'habitude de prendre leurs enfants en otage et de les élever à la cour ottomane.

En 1423, Gjergy Kastrioti Skanderberg et ses trois frères ont été emmenés par les Turcs. Gjergy suit l'école militaire de l'Empire ottoman et remporte plusieurs victoires militaires en Europe pour le compte des Turcs. Il rejette ensuite l'islam et devient défenseur de la chrétienté dans les Balkans.

Le surnom de Skanderbeg est d'origine turque : les Ottomans l'appellent Iskander Bey, c'est-à-dire « prince Alexandre », en référence à ses talents de chef militaire qui leur évoquent Alexandre le Grand.

La citadelle est encore habitée et abrite une tour de garde, une tour de l'horloge, deux fontaines, ainsi que les ruines d'une église médiévale.

Le château accueille le musée Skanderberg conçu en 1982 par la fille d'Enver Hoxha (le dictateur communiste). Sur trois étages, il retrace l'épopée du héros et de la nation albanaise. La ville de Krujë a d’ailleurs été utilisé par le dictateur Enver Hoxha pour sa propagande nationaliste en exaltant le patriotisme de Kjenderberg.

Nous effectuons la visite de ce très beau musée de grande taille avec un riche exposé de la part de notre guide.
Après la visite du musée Skanderberg, nous nous rendons au musée ethnographique national, situé en contrebas dans une très belle demeure traditionnelle construite en 1764.

Nous pouvons voir comment vivaient les familles albanaises entre le 18e et le 19e s.

Le rez-de-chaussée est réservé aux domestiques et au bétail.

A l'étage, la pièce des femmes, des hommes, des invités, la cuisine, le hammam. Les pièces sont richement meublées et décorées.

La dernière pièce expose des costumes rares de catholiques et de musulmans, typiques de la région de Krujë.

De belles pièces en bois sculptés sont exposées.

Après les visites nous flânons dans le vieux bazar coloré et typique réhabilité en 1960.

C'est un lieu plein de charme avec sa longue ruelle aux pavés grossiers et polis sur lequel il est difficile de marcher. De petites échoppes en bois la borde.

Nous pouvons y trouver de l'art traditionnel ancien en bois, en fer, mais aussi de l'artisanat local actuel, tissus, broderies, tricots, crochets, poteries, travail du bois, des tisserands...

Le vieux bazar a été restauré avec soin et respect du site.
 

 À l'extrémité sud-ouest de la citadelle, s’élève le Tekké Dollma, un lieu de culte construit en 1769, et consacré au bektachisme (une branche modérée de l'Islam caractérisée par une très grande tolérance) où officie le baba (guide spirituel).

Nous faisons une halte déjeuner dans un restaurant panoramique et nous reprenons la route pour Shkodra.

Shkodra
Shkodra est composée de 86 000 habitants est le principal centre économique du pays et la plus grande ville catholique. La ville a longtemps été connu sous le nom italien de Scutari.

Elle se développe depuis l'antiquité sous le nom Illyrien de Scodra, ce qui en fait la ville la plus ancienne d’Albanie.

Située à une trentaine de km de la mer Adriatique la ville occupe une vaste plaine encadrée au nord par les Alpes albanaises et le mont Tarabosh et bordée à l'ouest et au sud par deux fleuves, le Kir et le Drin. Au nord-ouest s'étend le lac Shkodra.

Au début du 20e siècle la ville est le principal foyer démocratique du pays.

Shkodra sera la ville la plus durement touchée par la répression communiste dès 1944.

En 1973, le dictateur Enver Hoxha y fera ouvrir un musée de l'athéisme, symbole de sa politique antireligieuse. En 1979, un tremblement de terre détruit quasiment toute la ville.

Depuis le retour de la démocratie, Shkodra renoue avec ses traditions intellectuelles (université Luigj Gurakuqi) et religieuses puisqu'on y compte la plus grande concentration de mosquées du pays.

Nous commençons les visites par la forteresse de Razafa.

La citadelle de Rozafa domine la ville et offre un vaste point de vue.

Perchée à 133 m d'altitude, au sommet de la colline de Tepe, la citadelle de Rozafa a été le théâtre du terrible siège de 1479.

Formant un vaste triangle de 200 ha, c'est l'une des forteresses les mieux préservées du pays. L'occupation du site remonte au moins à l'âge de bronze. Les murs, qui reposent par endroits sur des fondations illyriennes, ont été érigés en grande partie durant la période vénitienne (fin du XIVe s.).

La forteresse a été prise en janvier 1479 par l'armée ottomane commandée par le sultan Mehmet II le Conquérant.

Parmi les nombreuses ruines à l'intérieur, celles de la mosquée Mehmet Fatih, ancienne cathédrale Saint-Stéphane(katedralja e Shën Shtjefnit, XIIIe s.) à laquelle a été ajouté un minaret qui se caractérise par sa forme orthogonale en hauteur et carrée à la base.

À la pointe ouest se trouvent la poudrière et l'ancienne résidence des pachas aujourd'hui convertie en musée.

Celui-ci, restauré en 2011, abrite une belle collection d'objets de toutes époques découvertes sur place, dont une mosaïque romaine du III-IVe s. À signaler également : le hammam, à côté de la mosquée, plusieurs réservoirs d'eau dispersés sur le site, et, juste avant l'entrée principale, la tombe d'une famille de vizirs (ministres de l'Empire ottoman) de Shkodra.

La forteresse Rozafa a sa légende. Elle raconte que trois frères engagés pour construire les murs de la forteresse ne parvenaient pas à achever leur tâche : ce qu'ils faisaient le jour, s'écroulaient la nuit. Pour faire cesser ce prodige, un vieillard à qui les frères avaient demandé conseil leur recommanda de sacrifier l'épouse qui le lendemain leur apporterait leur déjeuner. Ce fut Rozafa, la femme du plus jeune frère qui dut subir ce triste sort, ce dernier, contrairement aux autres, n'avait pas averti son épouse. Elle accepta de se sacrifier à la condition qu'elle puisse continuer à allaiter son fils nouveau-né. Les bâtisseurs acceptèrent et firent trois trous dans les murs afin qu'elle puisse allaiter caresser et bercer son enfant Ainsi Rozafa put continuer à allaiter son enfant jusqu'à ce qu'il soit sevré et la citadelle put être achevée.

Depuis la forteresse nous avons une vue sur le fleuve et le lac Shkodra.

C'est le plus grand lac de la péninsule balkanique, il est situé sur la frontière entre l'Albanie et le Monténégro. La partie monténégrine du lac et ses environs ont été décrétés parc national en 1983 ; c'est une des plus grandes réserves aviaires d'Europe avec 270 espèces d'oiseaux, dont les derniers pélicans du continent.
 

Nous avons également une vue plongeante sur la mosquée de plomb.Elle ne sert pratiquement plus mais elle est considérée comme l'une des 50 plus belles mosquées du monde selon un sondage réalisé par le site américain Huffington Post. Achevée en 1773/1774, la mosquée de plomb présente une architecture remarquable. Elle doit son nom aux 18 coupoles et à son grand dôme couvert de plomb. Elle était jadis située dans le vieux bazar de Shkodra, mais les séisme du début du XIXe siècle, modifièrent le cours du Drin qui inonde désormais régulièrement le site. Il ne reste donc que la mosquée et quelques maisons ottomanes traditionnelles. Elle est construite sur le modèle de la mosquée du sultan (Istanbul).

Nous redescendons dans la plaine pour une visite de la ville.

Ville frontière, Shkodra est le fruit de plusieurs civilisations, elle a aussi été victime de tremblements de terre.

Dans le cœur de ville nous voyons de jolis immeubles colorés mais aussi des immeubles décrépits. Dans tous les cas des nœuds de fils électriques courent au-dessus de nos têtes.

Nous visitons la cathédrale Saint Etienne. Construite entre 1858 et 1867 elle est une fierté de la communauté catholique albanaise. Elle est dédiée à St Etienne protecteur de la cité depuis le XIIIe siècle. De forme rectangulaire avec un clocher de 23m de hauteur elle ne présente pas beaucoup d’intérêt architectural. Par contre l’intérieur possède un très beau plafond cloisonné décoré en 1908 par le grand peintre Kolë Idromeno.

C’est ici que fut dite la 1er messe en Albanie le 11 novembre 1990 après que le droit de culte fut autorisé. Jean Paul II, y a célébré la messe le 25 avril 1993.

Au mur les photos des victimes de la dictature.

Tout près, de l'église se trouve la statue du patriote Luigy Gurakuqi.
 

Nous continuons notre découverte de la ville et arrivons devant l'église orthodoxe de la nativité.
 

Les icônes sont récentes.

Après les églises chrétienne et orthodoxe nous visitons la mosquée Al Zamil. A noter qu’en Albanie, tant les hommes que les femmes peuvent rentrer dans les mosquées à condition de laisser leurs chaussures à l’entrée bien sûr !

L'architecture est banale mais elle est vaut le détour d'une visite.

Encore un peu de marche sous un soleil de plomb et nous arrivons à notre Hôtel. Il s’agit d’un très beau bâtiment construit en 1694 et restauré en 2004. Les chambres sont spacieuses et confortables.
 

Après cette journée bien remplie en visites, en culture et en découvertes un bon repas albanais aux sons de la musique et de chansons locales nous attend dans le patio de l’hôtel.

Demain, 4h de route sont prévues pour aller à Durrès et Berat.


Texte de Paulette Gleyze

Photos de Paulette et Gérard Gleyze

lundi 31 juillet 2017

Voyage en terres Balkaniques : l’Albanie_1er jour_découverte de Tirana


Présentation de l’Albanie d’après les informations données par notre guide et complétées avec le site Atlas :

Nous effectuons en ce mois de juillet 2017 (du 11 au 22) un circuit découverte en Albanie.
Depuis Lyon nous prenons un vol régulier pour Vienne, puis Vienne Tirana.

Nous sommes accueillis à l’aéroport Mère Térésa de Tirana par notre guide Eduart Qendrai qui va, en duo, avec notre chauffeur de bus Reshat Sallaku nous accompagner tout au long de ce voyage.

L’Albanie est un pays d’Europe situé dans la partie occidentale de la péninsule des Balkans. En albanais le pays se nomme Shqipëria ce qui signifie « le pays des aigles »
Drapeau officiel de l’Albanie

Elle est bordée au nord-ouest et au nord par la Serbie et le Monténégro, à l’est par l’Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM), au sud par la Grèce et à l’ouest par la mer Adriatique.
La capitale et ville principale est Tirana, avec une population estimée aujourd’hui à 1 million d’habitants. Les autres grandes villes sont le port et le centre industriel de Durrës, le centre agricole d’Elbasan, la ville antique de Shkodër et le port de Vlorë. La population totale en Albanie est d’environ 3 millions 600 mille habitants. Avec la diaspora, on compte environ 7 millions d’Albanais.
L’Albanie est l’un des plus petits pays d’Europe. Elle s’étend sur 345 km du nord au sud et sur 145 km d’ouest en est. Sa superficie totale est de 28 748 km². Le relief de l’Albanie est principalement montagneux avec des sommets culminants entre 2 100 et 2 600 m. Au nord, dans les Alpes albanaises, formant la limite sud des Alpes Dinariques, se dresse le point culminant du pays, le mont Korab (2 764 m). Au centre et dans le sud du pays, les montagnes sont entrecoupées de hauts plateaux et de bassins.
Les basses terres, qui représentent moins d’un quart de la superficie totale du pays, bordent la côte adriatique au nord de Vlorë. Le sol des plaines côtières est riche mais marécageux. La majeure partie des fleuves coulent d’est en ouest vers la mer Adriatique. Les plus importants d’entre eux, le Drim, le Shkumbi et le Mat, possèdent de larges vallées. Les trois grands lacs du pays, Shkodër au nord-ouest, Ohrid et Préspa à l’est, enjambent les frontières.
La côte adriatique possède un climat méditerranéen typique avec des hivers doux et pluvieux. L’intérieur des terres est dominé par un climat plus continental présentant des températures très contrastées. Partout les étés sont chauds et secs. Les précipitations annuelles moyennes sont de 1 000 mm sur la côte et atteignent près de 2 500 mm dans certaines régions des montagnes situées au nord.
Nous avons eu des températures quotidiennes de 37/38°.
La langue albanaise est indo-européenne. L'unification de la langue date de 1970.
Le pays comporte 4 religions : musulmane, catholique, catholique orthodoxe et la confrérie chiite des Bektachis.
Il y a encore peu de touristes en Albanie par manque de développement économique : les routes sont en mauvais état, le patrimoine mal mis en valeur. Néanmoins on sent que les choses sont en train d'évoluer et que des aménagements touristiques sont perceptibles dans le sud, sur la côte occidentale.
Pourtant l’Albanie, sur une surface pas plus grande que la Bretagne possède une diversité de paysages (deux mers : adriatique et ionienne, montagnes, plaines, lacs, de belles forêts), des grandes villes et des régions reculées, de magnifiques paysages méditerranéens, des régions boisées...
L'économie du pays repose largement sur son agriculture.
Les Albanais sont accueillants et serviables. A aucun moment nous avons senti de l’insécurité ou subi des incivilités. Par contre, il faut être extrêmement vigilant sur la route y compris pour les piétons, les accidents sont nombreux. La conduite des albanais est particulière et si vous ne voulez pas vous faire écraser il vaut mieux traverser les routes en groupe.
Paradoxalement, pour un pays pauvre, la Mercedes est devenue la voiture des Albanais, on en trouve de toutes les époques et de tous les modèles, de l’antique à la plus récente.

La monnaie est le Lek. Pour 1€ nous obtenons 130/140 Lek. La vie est peu chère, nous pouvons manger pour 3 à 5 euros.

Jour 1
Après avoir effectué les 6 km qui nous séparent de la ville nous sommes confortablement installés à «Confort Hotel» et nous faisons, en compagnie du guide, connaissance avec le groupe autour d’un café.

Connaissance faite, nous partons avec notre guide Eduart pour une visite découverte de Tirana. La ville se situe au centre de l'Albanie au pied du mont Dajti. Elle est arrosée par les rivières Lana et Tirana.

Cette ville est très surprenante.

On y trouve de grandes avenues qui côtoient des routes étroites très encombrées.

Des bâtiments typiques à 3 étages de l’époque communiste plus ou moins décrépis voisinent de grands immeubles construits de façon anarchique depuis la chute du communisme. Certains même, sont en construction depuis plus de 10 ans.
Nous pouvons voir également des maisons ottomanes.

L’architecture est complètement hétéroclite, certains bâtiments sont lépreux, d’autres bien restaurés avec des couleurs vives.

Les fils électriques courent de maisons en maisons de façon insoupçonnée.

Un magnifique centre commercial à l’architecture moderne côtoie cet ensemble.

Au centre nous voyons la belle et grande place Sheshi Skënderberj avec au milieu la statue de Sheshi Skënderberj le héros national (nous en parlerons plus tard)

Cette place est entourée par la mosquée Et'Hem Bey, la tour de l’horloge, le musée une belle librairie, des immeubles datant de l'occupation italienne et de style fasciste, aujourd'hui occupés par des ministères, des immeubles modernes qui n’en finissent pas d’être construits, et l’opéra.

Un peu plus loin, le vieux bazar où l’on peut trouver de très beaux fruits et légumes et…du tabac au poids.

C'était un premier contact avec cette capitale à taille modeste, qui porte tous les stigmates de périodes de très grandes restrictions.

Demain 12 juillet 2017 nous partirons pour Kruja et Shkodra, villes au nord de l'Albanie. Trois heures de route sont prévues.


Texte de Paulette Gleyze

Photos de Paulette et Gérard Gleyze