dimanche 18 mars 2012

Sainte Thècle


Ce 17 Mars, il fait un temps printanier à St Jean de Maurienne.
Les amandiers de la montagne de Bonne Nouvelle sont en fleurs.

Nous décidons d'aller nous dégourdir les jambes en faisant la grimpette pour accéder à la grotte de sainte Thècle qui se trouve sur la montagne de Bonne Nouvelle qui surplombe St Jean de Maurienne.

La grotte de Ste Thècle se trouve en dessous de la croix que nous pouvons voir au dessus de la chapelle

la grotte surmontée de la croix visible depuis st jean

D'après la tradition trois moines irlandais revenant de Terre Sainte s'arrêtent un jour du sixième siècle dans une localité de Maurienne à Volacis (Valloire?). Ils recoivent l'hospitalité chez deux soeurs d'origine noble, l'une s'appelle Tygre ou vulgairement Thècle et l'autre Pigménie ou Piménie.
Sainte Thècle représentée sur les stalles de la cathédrale

Les moines leur parlent des miracles opérés par les reliques de Saint Jean Baptiste dont le corps a été inhumé dans la ville de Sébaste (Samarie) et ensuite transporté à Alexandrie d'Egypte, à l'exception de la tête qui se trouvait à Edesse en Phénicie.
Thècle conçoit l'ardent désir de procurer à son pays quelques parties de ces précieuses reliques.
Elle entreprend le voyage simplement accompagnée d'une servante et se rend sur le tombeau du Précurseur.
Au bout de trois années passées à prier et à jeûner devant le tombeau Thècle fatiguée commence à douter. Un jour, prosternée devant le tombeau elle décide de ne pas se relever tant qu'elle n'a pas obtenu ce qu'elle demandait.
Le 7e jour un pouce apparaît sur le tombeau entouré dune lumière éclatante.
Thècle rapporta les reliques (3 doigts de la main droite) dans la bourgade de Maurienne.
Le bruit de l'arrivée des doigts de St Jean Baptiste parvint jusqu'au roi Gondran de Bourgogne qui veut se charger de la construction de l'église commencée par Thècle, il fait de la ville de Maurienne le siège d'un nouvel évêché et la ville prit le nom de Saint Jean de Maurienne.
Thècle a conservé les doigts et a mené une vie d'ermite dans la grotte.
La tradition fixe sa mort un 25 juin (lendemain de la fête de st Jean Baptiste).
Les reliques sont conservés dans un reliquaire à la Cathédrale de St Jean.
Histoire ou légende? La légende de Ste Thècle est née autour de 2 faits historiques certains : le culte des reliques de St Jean Baptiste en Maurienne dès le 6e siècle et la fondation de l'évêché à la même époque.
Les trois doigts sont l'emblème héraltique du Chapître et de la ville.
Nous entamons la montée par le sentier de Bonne Nouvelle


Sur le chemin subsistent encore quelques "cabottes" de vignes.
Il faut savoir que depuis les Romains sur tout le coteau était cultivé un cépage : le princens, qui a donné un excellent vin rouge jusqu'à la fin des années 1960.
J'ai le bonheur de me souvenir de tout le coteau parfaitement cultivé et entretenu.
Je me souviens des vendanges et des mulets qui transportaient les caisses de raisins pour être acheminées vers les diverses caves des petits cultivateurs de St Jean qui produisaient ainsi leur vin pour l'année.

Le sentier a deux destinations. A mi chemin si l'on prend à gauche nous accédons au sentier qui mène à la grotte de Sainte Thècle et si l'on prend à droite nous continuons vers la chapelle de Bonne Nouvelle.

Nous décidons d'aller d'abord à la grotte.
Du chemin nous avons une magnifique vue sur la ville et ses montagnes environnantes
au fond derrière les montagnes : l'Italie

le clocher

notre rue et notre maison

les mamelles de Beaune

les aiguilles d'Arves jouent à cache cache


Nous continuons à arpenter

et nous arrivons à la croix
Il faut redescendre quelques pas pour accéder à l'entrée de la grotte

un mur en pierre sèche avec un bel arc boutant

l'entrée de la chapelle

l'autel

l'entrée est protégé par une grille en fer forgé


et voilà la preuve que nous y sommes bien allés, nous voici devant l'entrée de la chapelle

Un peu de repos après cette heure de grimpée, et nous entamons la descente avec objectif de nous rendre à la chapelle.

La montée à la chapelle est un chemin de croix essaimé de 3 oratoires. Le premier est dédié à Sainte Anne mère de la Vierge.
Le deuxième à st Joaquim

et le dernier à st Joseph

Encore quelques enjambées et nous arrivons à la chapelle de Notre Dame de Bonne Nouvelle

La chapelle fut construite au 16e siècle par le chanoine Antoine Polliac. A l'origine un chapelain logé dans le bâtiment adjacent au sanctuaire desservait un petit village d'une quinzaine de maisons.
Ce dernier fut incendié par la foudre en 1628. La chapelle fut détruite et rebâtie quelques années plus tard.
Vendue en 1795 comme bien national et vidée de son mobilier et de ses ornements intérieurs, la chapelle servit de grange.
Rachetée par le clergé en 1820, elle abrita un nouveau chapelain et créa dans les locaux adjacents une classe de latin regroupant une quinzaine d'élèves.
Le dernier gardien du sanctuaire, Victor Mottard ancien page à la cour des rois de Piémont Sardaigne fut inhumé en 1895 dans le petit cimetière de la chapelle.
La chapelle est toujours ouverte au culte, mais celui-ci n'est célébré que rarement.
La fête patronale de la chapelle a lieu le 25 mars, jour de l'Annonciation.
Une autre tradition consistait à ce que le dernier jour du mois de Mai, les élèves du collège St Joseph, portaient en triomphe une image de la Vierge et gravissaient la colline et assistaient à la messe dans la chapelle.
J'ai vécu cette expérience, c'était le tout début des années 60.

Une table d'orientation permet de reconnaître l'environnement

Deux heures de ballade sur le chemin du passé.

Texte de paulette Gleyze

Photos de paulette et Gérard Gleyze

dimanche 5 février 2012

Florence suite

L'histoire de Florence est riche et nous n'avons que l'embarras du choix pour les visites.

Nous avons visité le musée San Marco.
Il se situe dans le centre historique de la ville et fait parti de l'ensemble du couvent dominicain de San Marco, bâtiment datant du 14e siècle.

En 1437 Cosme l'Ancien a confié à Michelozzo les travaux de reconstruction de l'église et du couvent et à Fra (frère) Angelico et à ses assistants la réalisation des peintures murales.
L'église fut consacrée en 1443.

Dans ce couvent vécurent des hommes illustres de l'Ordre de Saint Antonin comme Fra Angelico, Fra Girolamo Savonarole, Fra Bartolomeo pour ne citer que les plus célèbres.

Guido di Pietro naît vers 1400 dans la petite ville de Vicchio di Mugello de parents inconnus.
Peintre laïc sous le nom de Guido di Pietro à Florence, Fra Angelico entre en 1417 à la confrérie San Niccolò di Bari, de l'ordre des Dominicains observants, une branche dominicaine minoritaire de flagellants, dans laquelle s'observe la règle originelle de saint Dominique, qui requiert la pauvreté absolue et l'ascétisme.
Portrait posthume de Fra Angelico par Luca Signorelli, Cathédrale d'Orvieto

A partir de 1423 (année où il peint un crucifix pour l'hôpital de Santa Maria Nuova), il est nommé « frère Jean des frères de Saint-Dominique de Fiesole »
À partir de 1440, Cosme de Médicis lui confie la décoration du couvent San Marco, pièces et cellules individuelles des moines, travaux que dirige son ami Antonin de Florence, archevêque de la ville.
La façade de style néo-classique de 1777 est l'œuvre de Frère Giovanni Battista Paladini.

Le noyau le plus ancien édifié sur l'emplacement du couvent médiéval des Sylvestrins a été réalisé par Michelozzo, l'architecte préféré de Cosme de Médicis, pour loger les Dominicains.
L'architecte a groupé harmonieusement les salles du rez de chaussée autour d'un cloître et a surélevé les bâtiments rattachés pour créer au 1er étage des dortoirs aux multiples cellules pour les moines.
reliquaire de Saint Antonin

Le parcours du musée commence au rez de chaussée par le cloître de saint Antonin, prieur du couvent canonisé en 1525.
Dans le cloître un "Saint Dominique adorant le crucifix" de Fra Angelico symbolise le dialogue et la dévotion de saint Dominique et donc de l'ordre des dominicains.

Sur le côté droit du cloître on accède à une vaste pièce qui occupe toute la partie de l'édifice qui donne sur la place San Marco, cette pièce était l'Hospice qui accueillait les pélerins.
Aujourd'hui, l'Hospice rassemble presque toutes les peintures sur bois de Fra Angelico.
tryptique de st Pierre martyr

Le tryptique "St Pierre Martyr" (peint avant 1429) témoigne, par sa forme, par l'alternance de l'or et du bleu et par l'attitude des personnages qui semblent ébaucher un mouvement, d'une phase de transition entre le gothique finissant et la Renaissance qui aboutira au cours de la décennie suivante .
Descente de la Croix_1451-1452

mariage de la Vierge_1430-1435

funérailles de la Vierge_1430-1435

"Descente de la Croix", Peinture sur bois entrepris par Lorenzo de Monaco qu'il laissa inachevé à sa mort. Chargé par Cosme de Médicis d'achever ce rétable Fra Angelico en réalise la partie centrale et les piliers en 1452.

"Le Mariage de la Vierge", "Les funérailles de la Vierge" et le 3e panneau "Le couronnement de la Vierge" qui se trouve au musée des offices faisaient parties d'un ensemble qui était réalisé pour le choeur ds moniales de San Egidio.
Le style de ces tableaux qui sont datés de 1430 environ est de tradition médiévale.

"Le jugement dernier", peinture sur bois peint aux alentours de 1425.

"L'imposition du nom à Jean-Baptiste", peinture sur bois datée de 1455 environ.
"Lamentation sur le corps du Christ", peinture sur bois des environs de 1436.

Tabernacle "Vierge à l'enfant trônant" env 1435

Retable de San Marco "vierge à l'enfant trônant env 1438-1443

l'annonciation

le couronnement

"Roue mystique avec la vision d'Ezéchiel, Annonciation, Nativité, Circoncision, Adoration des Mages,, Présentation au temple, Fuite en Egypte, Massacre des Innocents, Jésus parmi les docteurs" peinture sur bois
Porte l'Armoire"degli Argenti" (objet de culte)

Du cloître on accède aussi à la salle du Lavabo, qui doit son nom à sa fonction.
Cette pièce servait suivant les règles conventuelles, au rite de purification précédant les repas.
Au dessus de la porte d'entrée se trouve une fresque de Fra Angelico qui représente le Christ en Piétié et fait allusion à la Résurrection.
Dans cette salle nous voyons des oeuvres de Fra Bartolomeo, moine qui vécut aussi à San Marco au début du 16e s, il y a également des oeuvres de Luca et Andrea della Robbia.
Vierge et l'enfant de Della Robbia

Jugement dernier de Fra Bartolomeo

Le grand réfectoire aux voûtes croisées accueille une série de peintures de Sogliani, de Fra Paolino le plus fidèle disciple de Fra Bartolomeo (peintres du 16es). Face à l'entrée du Réfectoire, un autre portail conduit dans une salle autrefois utilisée comme cuisine du couvent. Elle accueille aujourd'hui les oeuvres de Fra Bartolomeo, peintre disciple de Savonarole.
Girolamo Savonarole

C'est le 1er des deux portraits que Fra Bartolomeo, admirateur et disciple de Girolamo Savonarole a exécuté immédiatement après son supplice en 1498.

Ce portrait a été exécuté quelques années après le précédent. Il représente ici Savonarole comme martyr.

A l'étage supérieur, se trouvent les cellules des frères. Les 43 cellules ont été décorées par Fra Angelico entre 1438 et 1443.

L'image la plus connue du peintre et de la peinture de la Renaissance est l'Annonciation.

On y trouve condensées les trois innovations de la Renaissance : la luminosité, la netteté de l'architecture florentine et le traitement de l'espace et de la perspective.

La décorations des cellules :
Noli me tangere_1438-1443

lamentation sur le corps du Christ_1438-1443

Annonciation_1438-1445

La Nativité_1438-1443

Transfiguration_1438-1443

Christ bafoué, la Vierge et Saint Dominique_1438-1443

Les saintes femmes au tombeau

Baptême du Christ_1438-1443

Présentation au Temple_1438-1443

Madone des Ombres_1443

Christ en croix et Vierge de Douleur_1438-1443

Vierge et l"enfant_1514

Le Christ aux limbes_1440-1445

Christ en croix avec saint Marc, saint Dominique, Marthe et Marie

Fra Angelico a initié le courant artistique appelé « peintres de la lumière » en jouant sur les ombres et la lumière pour donner de la profondeur à ses tableaux ou du modelé à ses personnages, abandonnant ainsi les aplats de la peinture gothique.

Fra Angelico a été béatifié par Jean-Paul II le 3 octobre 1982 et proclamé patron des artistes en 1984.


Texte de paulette Gleyze

Photos de paulette et Gérard Gleyze