jeudi 18 janvier 2018

César - La rétrospective à Beaubourg



Ce vendredi 12 Janvier 2018, nous nous rendons à la rétrospective de César à Beaubourg (centre Pompidou) à Paris.
L'exposition a lieu du 13 décembre 2017 au 26 mars 2018.

Cette exposition, 20 ans après le décès de l'artiste, permet de redécouvrir ses multiples époques.
César de son vrai nom, César Baldaccini est né le 1er janvier 1921 à Marseille et décède le 6 décembre 1998 à Paris.
Il fait parti des membres des Nouveaux réalistes, mouvement né en 1960, il est vu aussi comme l'héritier de P Picasso et de Giacometti.
Il est le créateur du trophée en bronze de la cérémonie des césar du cinéma français.
Il prend de 1935 à 1939 des cours à l'École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille et s'installe à Paris en 1943. Il s'inscrit à l'École nationale supérieure des beaux-arts et installe en 1946 son atelier 21 rue de l'Échaudé à Paris. Il y rencontre Émilenne Deschamps, qui deviendra par la suite une de ses égéries.
L'exposition installée sur un vaste espace non cloisonné s'organise en parcours autour des grands thèmes des sculptures de César : les Fers soudés, les Compressions, les Empreintes Humaines, les Expansions et les Enveloppages.

Les fers soudés
Trop pauvre pour acquérir de la pierre ou du marbre,  il sculpte le plâtre et le fer.
En 1949, il apprend la soudure à l'arc dans une menuiserie industrielle de Trans-en-Provence et utilise le plomb en feuilles repoussées et des fils de fer soudés. C'est le début de la période des sculptures soudées, il en créera plus de 300 jusqu'en 1966.
  Il va récupérer dans les décharges de ferraille, des tubes, des boulons, des vis, qu'il va transformer en œuvres d'art.
En 1954, il expose à la galerie Lucien Durand à Paris et obtient le prix « collabo » pour une sculpture intitulée Le Poisson réalisée à Villetaneuse.
L’œuvre est achetée 100 000 francs en 1955 par l'État pour le musée national d'art moderne.
L'année suivante le  musée national d'art moderne achète la Chauve-souris de 1954 et Le scorpion de 1955.
C'est le début de la célébrité.
Il réalise aussi des sculptures en métal soudé, puis en bronze,  de femmes plantureuses (Ginette, 1958, Victoire de Villetaneuse, 1965).
En 1957 il installe son atelier, rue Campagne-Première à Paris.
En 1961, il se rapproche de Marino di Teana et rejoint le groupe des Nouveaux réalistes, mouvement fondé par le critique d'art Pierre Restany, comprenant notamment Arman, Jean Tinguely, Niki de Saint Phalle et Gérard Deschamps.



Esturgeon 1954_Centre Pompidou Paris_Achat de l'Etat en 1955
chauve-souris_1954_fer forgé et soudé_centre Pompidou Paris_Achat de l'Etat en 1956
Le scorpion_1955_Centre Pompidou Paris_achat de l'Etat en 1956
La grande duchesse - 1955 -Fer soudé - collection particulière
Fanny Fanny - 1990 -Bronze soudé - collection privée Courtesy Fondation Cesar - Bruxelles

Poule - 1958 -Fer soudé - collection particulière

Portrait - 1957-1963 -Fer soudé - collection particulière


Armandine - 1958-1965 -Fer soudé - collection particulière
Hommage à Nicolas de Staël - 1958 -Fer soudé - collection privée - Bruxelles

Nu assis - 1956 -Fer soudé - collection particulière
Victoire de Villataneuse - 1965 - fer soudé - collection du nouveau musée de Monaco
Pour ses torses César travaillait sans support préalable. Il se comparait à un maçon construisant un cylindre avec des briques.
Torse - 1957 - fer soudé - Museum of modern art New York - Blanchette Hocker_Rockfeller Fund
La danseuse - 1949 - fer soudé - collection particulière
Relief klaxon - 1962 - fer soudé et tôle peinte - courtesy galerie Geoorges Philippe et Nathalie Vallois Paris
 Les Compressions
A partir de 1959, il devient le sculpteur des Compressions. 
Il découvre chez son ferrailleur une presse américaine  qui compresse les carcasses de voitures.
Il commence par aplatir une voiture Dauphine et invente la technique de la « compression dirigée », qui devient sa marque de fabrique.
Avec une presse hydraulique, il compresse divers objets sous forme de parallélépipèdes, d'abord de petit format avec des rubans de cuivre et des tôles, puis des voitures entières. Cet acte d'appropriation se veut être un défi à la société de consommation. Il se rapproche des Nouveaux réalistes.
En 1986, il présente à la Fondation Cartier des compressions monumentales de Peugeot 205 Turbo 16 de Jean Todt, accidentées dans des rallyes automobiles (Les Championnes).
A la Biennale de Venise, il expose une montagne de compressions, œuvre monumentale intitulée 520 tonnes. 
En 1998, sa Suite milanaise est réalisée avec une série de voitures Fiat neuves qui, une fois compressées, sont passées dans les chambres à peinture de l'usine Fiat de Turin, aux couleurs de la gamme de l'année. 
Il compresse aussi toutes sortes de matériaux : tissus, papiers, et même bijoux en or que les femmes du monde lui apportent et qu'il rend compressés en cube à porter autour du cou.
Compression dirigée B - 1960 - bidons métalliques - collection particulière


Compression dirigée "viens ici que j't'esquiche" - 1961 - cuivre - collection particulière
Compression dirigée "on est trois"B - 1961 - cuivre - collection particulière
Compression dirigée  - 1961 - métal - collection marcel Lefranc
Compression dirigée - 1958 - lanière de cuivre - collection particulière
Compression élément métallique de machine à laver - 1961 -
courtesy galerie Geoorges Philippe et Nathalie Vallois Paris
Compression dirigée - 1961 - rubans de cuivre - collection particulière
Cagettes - compression murale - 1976 - bois et colle - collection A et C Fraiberger
Carton - compression murale - 1976 - cartons et colle - donation de l'artiste en 1998 au musée Cantini
Sac de jute - compression murale - 1976 - jute et colle - Collection particulière Bruxelles
Carton - compression de cartons - 1976 - Musée d'art contemporain de Marseille -  donation de l'artiste en 1998 au musée Cantini


Renault 977 VL 06 - 1989 - auto compressée tôle peinte et matériaux divers - musée d'art contemporain Marseille - donation de l'artiste au musée Cantini en 1998
Dauphine de 1959 - 1970 - tôle et matériaux divers -MAMAC Nice
Dès la compression de la Dauphine, César pense déjà à écraser des séries de voitures à la presse hydraulique.  
Il réalise 520 compressions pour la biennale de Venise de 1995.

En 1998, il réalise sa dernière composition, la suite milanaise composée de 15 voitures Fiat neuves compressées et laquées aux couleurs de la gamme Fiat.
 
 

Les Empreintes humaines
En 1963, invité à participer à une exposition sur le thème de la main de Rodin à Picasso, à la galerie Claude Bernard, César va mouler et agrandir son pouce et son empreinte (1,85 mètre de haut) en expérimentant la résine synthétique.
Il a ensuite reproduit Le Pouce en différentes taille, de 42cm jusqu'à 12 mètres (sur le parvis de la Défense à Paris), en passant par celui de 6 mètres en bronze, exposé sur la place du musée à l'occasion de cette exposition. Il utilisera divers matériaux : plastique, nickel, bronze....et même en sucre !
Pouce-1965-bronze poli-attribution à la ville de Marseille
Pouce-1965-résine de polyester - Tate gallery - Londres
Sur le parvis de Beaubourg
En 1966, il entreprend le moulage du sein droit d'une danseuse du Crazy horse (moulage en polyester de 82 × 193 × 266 cm). Il en réalise six exemplaires, un  est conservé au Musée d'art de Toulon, et un autre à la Fondation Gianadda à Martigny en Suisse.
Sein - 1967 - résine de polyuréthane - musée d'art de Toulon
Les Expansions
Les Expansions sont exécutées dans un nouveau matériau : la mousse de polyuréthane.
En inversant l'esprit des compressions,il présente au Salon de Mai en 1967 La grande expansion orange. 
À partir de 1969, il rajoute du fréon au polyuréthane, ce qui produit une mousse dont le volume augmente considérablement. Il utilise des objets quotidiens pour ses Expansions.
expansion oeuf n°2 - 1967 - acier inoxydable - collection particulière

expansion - Roger Vivier 1968 - mousse de polyuréthane - collection particulière

expansion bouilloire - 1967 - mousse de polyuréthane - collection marc Lefranc


expansion en boîte à faire soi-même - 1969 - mousse de polyuréthane - collection particulière
expansion verre brûlée - 1967 - mousse de polyuréthane - collection Jean Ferrero

Les Enveloppages
Les Enveloppages (nom donné par l'artiste) débutent dès 1970. Des feuilles de Plexiglas sont mises dans une étuve, ce qui a pour but de les assouplir. Elles passent ensuite dans un dispositif qui permet de les plier et de les refroidir. Pendant ce processus il y introduit des objets du quotidien : machine à écrire, moulin à café, téléphone....
enveloppage - machine à écrire et plexiglas - 1971- collection particulière Bruxelles

enveloppage - moulin à café - 1971 -  moulin à café et plexiglas - collection particulière Bruxelles

enveloppage -outils - outils et plexiglas - collection particulière Bruxelles
enveloppage - téléphone - 1971 - téléphone et plexiglas - collection particulière Bruxelles
 Toutes ces œuvres témoignent de l'audace de César dans la créativité, dans sa recherche de nouvelles formes, de nouvelles techniques, de différentes matières.

Aujourd'hui les œuvres de César sont conservées par des musées du monde entier (Musée national d'art moderne de Paris, Tate Gallery à Londres, Museum of Modern Art de New York…)

L'expo sera à Pompidou jusqu'au 26 mars 2017. 



Et pour une visite commentée par Guy Boyer, rédacteur en chef de Connaissance des arts, c'est par ici


1 commentaire:

  1. Très belle exposition, belle ballade parisienne.
    Beau travail de journaliste cachée.
    les photos et les légendes sont parfaites.


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