mercredi 12 octobre 2011

La maison de Bernadotte



Après avoir visité le château d'Henri IV à Pau (qui fera l'objet d'un prochain article) nous voilà partis Josiane, Jean Paul, Gérard et moi à la recherche de la maison du célèbre Bernadotte.
 

La maison est cachée dans une petite rue dans le centre historique de Pau.

Jean-Baptiste Bernadotte, né le 26 janvier 1763 à Pau et mort le 8 mars 1844 à Stockholm est passé en l'espace de trente-huit ans, d'un rang de soldat du roi de France, au titre de roi de Suède et de Norvège sous le nom de Charles XIV Jean après avoir été Général sous la Convention, Ambassadeur puis Ministre durant le Directoire et Maréchal d'Empire et prince d'Empire.

Après la mort de son père en 1780, Jean-Baptiste s'engage dans le Régiment Royal-la Marine.
Lorsque la Révolution éclate, il a le grade de sergent. Après s'être distingué aux armées du Rhin et de Sambre et Meuse, il est promu général de brigade après la bataille de Fleurus en juin 1794.

Deux mois plus tard, il est général de division.
porte-carte militaire

En 1804, Bernadotte se rallie à Napoléon devenu Empereur. Il est nommé gouverneur à Hanovre, et reçoit le bâton de Maréchal.
En 1805, il combat à Austerlitz .

En 1806, Bernadotte devient prince de Pontecorvo.

Cette même année, il ne participe ni à la bataille d'Iéna ni à celle d'Auerstaed, provoquant le courroux de Napoléon.

En 1810, alors qu'il se trouve à Paris en semi-disgrâce, le parti pro-français suédois lui propose d'être candidat lors de l'élection du nouveau prince héritier, avec l'idée de récupérer avec l'appui de Napoléon la Finlande que la Russie a annexée en 1809.
Il part avec l'assentiment de Napoléon qui accepte ce choix, espérant tenir ainsi un allié solide au nord de l'Europe. Il débarque à Helsingborg le 20 octobre 1810, et le 31 suivant, il est présenté aux États ; le 5 novembre, adopté par le roi Charles XIII, il prend le nom de Charles-Jean.
Il consent d'abord à seconder la politique de l'Empereur et participe au blocus continental. En fait, dès 1811, à cause de la sénilité de son père adoptif, il dirige les affaires du royaume.
Le5 février 1818, l'ex-maréchal Bernadotte devient roi de l'Union des Royaumes de Suède et de Norvège sous le nom de Karl XIV Johan (Charles XIV Jean).
Il fait prospérer ses États, développant l'instruction publique, l'agriculture, l'industrie, le commerce.

Il avait comme devise : "L'amour du peuple sera ma récompense."
Il décède le 8 mars 1844.
Son fils Oscar lui succède, et les Bernadotte règnent toujours sur la Suède,
le roi actuel étant Charles XVI Gustave.

La maison natale de Bernadotte à Pau a été construite aux environs de 1730, elle abrite aujourd'hui le Musée Bernadotte.

Cette maison offre un bel exemple d'architecture béarnaise de la ville de Pau.
C'est en 1950 que l'immeuble devient la propriété de la ville et est transformé en musée Bernadotte, grâce à une aide substantielle de la maison de Suède.

Sur trois étages, la collection retrace à travers des tableaux, sculptures, objets, documents, autographes, proclamations, souvenirs et objets personnels, estampes et médailles portraits et tableaux de bataille, l'irrésistible ascension de Jean-Baptiste Bernadotte au rang de roi de Suède et Norvège.

Quelques pièces ont gardé leur caractère ancien, notamment grâce à des meubles du 18e siècle ;

l'une d'elles a été transformée en cuisine béarnaise aux murs chaulés, son évier en grès et sa cheminée.

On y trouve du mobilier ancien et objets utilisés jusqu'à une époque récente dans la région de Pau.
La table est bigourdanne c'est à dire de la Bigorne limitrophe du Béarn.(La mère de Bernadotte est originaire de cette région)

La paytère ou panetière de pan signifiant le pain en occitan ou en espagnol servait à conserver les aliments et servait aussi de table;
Une armoire fait partie des meubles de cette cuisine

Un buffet avec un vaisselier complète le mobilier.
Accrochée au mur une bassinoire qui servait à chauffer les lits.
Dans un coin un dévidoir.

Les fastes dynastiques sont exposés dans les salons de l'étage, saisissant contraste avec la cuisine béarnaise du rez-de-chaussée

Nous pouvons voir de magnifiques meubles

et des objets et tableaux divers appartenant à la dynastie
en regardant bien vous verrez un personnage
et là plusieurs portraits


Texte de Paulette Gleyze
 
Photos de Paulette et Gérard Gleyze

dimanche 2 octobre 2011

L'Abbaye de Vaucelles


Lors de notre passage dans le Nord fin août, pour le mariage d'Emmanuel et Fanny nous étions logés à Crèvecoeur sur L'escaut, tout proche de l'Abbaye de Vaucelles.

C'est une Abbaye Cistercienne fondée en 1131 par Saint Bernard. Elle est située à environ 13 kilomètres au sud-ouest de Cambrai, dans la vallée de l'Escaut, sur la commune de Les Rues des Vignes.

Une grande partie de l'abbaye est détruite, mais le contour des anciens bâtiments est marqué au sol.
Le site abrite aussi un jardin médiéval que l'on peut visiter.

Vaucelles a été édifiée sur un terrain cédé par Hugues d'Oisy seigneur de Crévecoeur sur Escaut. Sa construction s'est étalée sur de nombreuses années, par l'ajout successif de bâtiments. A son apogée elle possédait la plus grande église cistercienne d'Europe. Des reliques furent confiées à la garde des pères abbés, telle une épine de la couronne du Christ confiée par Saint Louis en 1257.
chevet droit de l'abbaye

Elle a subi les vicissitudes de l'histoire, les saccages de la révolution et les guerres, ce qui valut la dispersion d'un riche patrimoine et des blessures physiques qui restent visibles. Actuellement l'autel en marbre de carrare est exposé en l'église St Géry de cambrai et certains ouvrages de sa bibliothèque, qui comptait 40000 volumes en 1257, ont été préservés dans les établissements culturels de Cambrai.
Succédant à une première construction romane à chevet plat (plan dit claravallien ou bernardin) élevée de 1140 à 1149 et détruite en 1190, l'église abbatiale gothique accusait des dimensions hors du commun (longueur : 137 m, transept : 64 m). Elle possédait un chœur à déambulatoire, mis au jour lors des fouilles de 1988 , et des chapelles rayonnantes.
Vaucelles était la plus vaste église de l'ordre de Cîteaux .
l'entrée du site

l'entrée du monastère

La salle aux moines : c'est dans cette vaste pièce, que se rassemblait la communauté.
Elle est divisée par deux épines de 5 colonnes formant 18 voûtes.
La croisée d'ogives se manifeste aux voûtes et est très représentatif du 1er art gothique.
Le cintre fait place à une ogive de plus en plus élancée.
Achevée en 1145 cette salle était à l'origine un scriptorium. Ici les moines recopiaient les manuscrits.
Il faut imaginer les moines attablés à leur pupitre pour réaliser les enluminures. Juste à côté de cette salle, une petite pièce appelée le Chauffoir permettait de se réchauffer les mains et surtout d'éviter que les encres ne gèlent.

En dessous, se trouve la crypte, qui servait en fait de réserve pour les vivres. On observe, pour y descendre, une intéressante voûte à ressaux. Après la Révolution, cette salle fut utilisée pour l'installation de métiers à tisser.

Le parloir ou L’AUDITORIUM, salle aux dimensions plus petites, aux colonnes et chapiteaux enclavés qui gardent toute leur élégance. Au début 1975, cette salle fut transformée en chapelle.
le moine sur est posé sur l'autel

Aux murs, sont dressés deux magnifiques pierres tombales, l’une du XIVe siècle, l’autre du XVIIIème siècle.

Les stalles proviennent de l'abbaye cistercienne de Loos (aujourd'hui centre de détention), du monastère des Bernardines d'Esquermes qui en avaient hérité après la Révolution.
les stalles

détails

détails

Dans cette pièce, le père responsable des travaux, le céllerier, réunissait chaque matin les responsables des chantiers pour leur communiquer les consignes de travail de la journée. C’était le seul endroit où, pour les nécessités de la vie commune, pouvaient s’établir des conversations utilitaires entre les moines et le Prieur. Partout ailleurs devait régner le silence absolu.
L’organisation de la journée est régie avec une grande précision par le chapitre 48 de la règle de Saint-Benoît. Le caractère primitif de la construction a été sensiblement modifiés vers 1550.

On peut voir un magnifique vitrail, d'inspiration cistercienne qui donne à cet oratoire une luminosité propice au recueillement.
sculpture dans l'auditorium

sculpture dans l'auditorium

La salle Capitulaire dite du Chapître est le joyau de l'Abbaye. Elle est la plus grande salle capitualaire cistercienne d'Europe. Sa construction fut achevée en 1175.
C’est ici qu’avait lieu l’élection du père Abbé à l’unanimité, les proclamations, les pénitences publiques pour demander pardon de ses péchés mais surtout, chaque jour le père Abbé y réunissait ses frères deux fois par jour pour entendre la lecture de la Règle de Saint-Benoît et l’exhortation du Père Abbé qui présidait à la vie des moines. Les trois baies méridionales ouvraient autrefois sur le grand cloître.

La salle capitulaire a les mêmes caractéristiques architecturales que la salle des moines, avec, en plus, un soupçon de grâce.

Elle se divise en trois nefs de trois travées soit neuf voûtes nervées qui reposent sur les quatre colonnes centrales.

Les quatre chapiteaux centraux sont très élégants grâce à un motif décoratif consitué de larges et épaisses feuilles d'arum. Sous cette salle ont été inhumés, en majeure partie, les abbés qui ont présidé aux destinées de l’abbaye.
Cette salle bénéficie d'une acoustique exceptionnelle. Il s'y déroulent des concerts religieux ou profanes.

Le passage sacré : A l'appel de la cloche, les moines, religieux de chœur et frères convers venaient dans ce passage revêtir le coule blanche (pour les choristes) ou la chape brune (pour les convers) avant de gagner le chœur pour y chanter l'office divin.

C'est en ce lieu que reposent les trois premiers abbés du monastère, canonisés par le Pape ALEXANDRE III en 1179 (Saint Raoul, Saint Richard, Saint Nicolas de Vaucelles).

La guerre de Cent ans, le brigandage des compagnies n'épargnèrent pas Vaucelles. Par trois fois, elle fut pillée de fond en comble par les Anglais sous le régne d'Edouard III. Grâce à la générosité du peuple chrétien et au travail opiniâtre des moines, Notre Dame de Vaucelles renaît de ses cendres. Dés 1484, l'abbaye connaît une nouvelle ère de prospérité. Au XVIe siècle, elle prend une importance de premier ordre. A l'étage du bâtiment claustral, se trouvait le dortoir des moines avec un accès direct au choeur de l'église.

La chapelle ou la salle du poids de l'horloge, était affectée aux cloches de l'église de Vaucelles. Elle a été dédiée à la Vierge Marie.
Saint Bernard a placé tous ses monastères sous l'égide de la Vierge Marie. C'est la seule travée subsistante de l'église réservée sur le transept gauche. Sa construction date de celle de l'église (avant 1216). Elle est voûtée par des arcs diagonaux reposant sur de gracieux culs-de-lampe aux feuillages variés. Aujourd'hui transformée en chapelle des visiteurs.

Les jardins de l'Abbaye : Membre des parcs et jardins du Nord de la France, l'abbaye s'entoure depuis 2005 de jardins d'inspiration médiévale.

Le jardin est découpé en différentes parties fleuries tout au long de l’année et il est entièrement bio, les pesticides y sont bannis
Le Potager composé de différentes parcelles : tomates, poireaux, salades, courgettes... et des vignes - Le Verger: les poires, les pommes, les abricotiers, les cerisiers-
le Carré des fruits rouges: les fraises, les framboises, les groseilles... La Roseraie: composée de carrés et de triangles bordés de buis avec différentes variétés de rose grimpante, rose ancienne, rose arbustive...). Le jardin de la bible: Il est consacré aux plantes médicinales, et celles citées dans la Bible.

La Bouquetterie: Deux carrés de vivaces (ancolie, digitale, fuschia, géranium vivace, heuchera...)- Le carré des plantes annuelles (cosmos, amarante, glaïeuls, verveines, surfinias..) - Le carré des bulbes à fleurs (iris, tulipes..)

L'échauguette : Élevée par l'abbé Robert de Saint-Venant( 1204-1238) pour mettre l'abbaye de Vaucelles et son territoire proche à l'abri des incursions de l'envahisseur, une muraille d'enceinte de 7 km de long (une "lieue et demie"), d'1m20 d'épaisseur et parfois de 5 à 6 m de haut, fut dotée au 15éme siècle de 8 tours de guet (échauguettes) dont, seule, celle-ci subsiste à près de 2km du monastère.

La muraille fut démantelée pour l'édification, vers 1550, de la Citadelle de Cambrai par Charles-Quint.
Entièrement construite en pierre, elle porte sur un pilier d'angle du mur. Ses assises inférieure sont posées en encorbellement et passent ainsi du plan cubique au plan circulaire. la fléche qui la couronne a la forme d'une pyramide hexagonale et fut refaite entièrement en 1975.

Les exigences des statuts de Cîteaux en matière de construction, interdiction de clochers, interdiction de représentation humaine ou animale sur les chapiteaux et les porches, interdiction de peinture sur les murs etc... résument l'idéal cistercien d'une architecture dépouillée de tout superflu. Dès lors, l'architecture cistercienne n'est ni romane ni gothique elle est cistercienne.
Le chevet droit du sanctuaire symbolise la rigueur de la morale, la façade de l'église est signe de modestie et d'humilité, la nudité des murs et la décoration des chapiteaux à partir d'éléments végétaux n'éloignent pas le moine de sa recherche.


Texte de Paulette Gleyze
 
Photos de Paulette et Gérard Gleyze